Publié le 2025-12-22 14:16:00. La médecine vétérinaire dédiée aux lapins connaît un essor notable aux États-Unis, porté par l’augmentation de leur popularité comme animaux de compagnie et une demande croissante pour des soins spécialisés. Des formations continues se multiplient pour répondre à ce besoin.
- En 2025, 0,6 % des foyers américains possédaient un lapin, soit environ 465 000 animaux.
- Le pourcentage de foyers détenant un lapin a augmenté de 4,9 % en 2024 à 6,2 % en 2025.
- Des ateliers pratiques et des formations en ligne dédiés à la médecine du lapin sont désormais proposés par plusieurs organismes vétérinaires.
La popularité des lapins comme animaux de compagnie, en particulier à l’intérieur des foyers, est en hausse. Cette tendance s’accompagne d’une évolution des attentes des propriétaires, qui considèrent désormais leurs lapins comme de véritables membres de la famille et exigent pour eux des soins de qualité, incluant la prévention, la dentisterie, la compréhension du comportement et la prise en charge des maladies chroniques – au même niveau que pour les chiens et les chats.
« La médecine du lapin reçoit enfin l’attention qu’elle mérite », a déclaré le Dr Colleen Roman, vice-présidente de l’Association des vétérinaires sur les mammifères exotiques (AEMV). « De plus en plus de praticiens voient régulièrement des lapins en médecine générale, et la demande de vétérinaires compétents en matière de soins lapins a augmenté. »
Cette demande croissante se traduit par une multiplication des initiatives de formation continue. L’AEMV met l’accent sur le développement de l’éducation spécifique aux lapins, appelant à la création de laboratoires pratiques, de programmes de mentorat et de formations accessibles aux vétérinaires exerçant en milieu rural, aux jeunes diplômés et aux praticiens mobiles. Les partenaires industriels répondent également à ce besoin en développant de nouveaux équipements, des recherches sur l’alimentation et des contenus pédagogiques.
Plusieurs événements à venir témoignent de cet intérêt croissant. L’atelier « Dentisterie Lapin & Rongeur » au VMX (Veterinary Meeting & Expo) 2026 est déjà complet, tout comme l’atelier « Chirurgies abdominales non électives chez le lapin : GI, foie et plus ». D’autres sessions dédiées aux lapins, portant sur le syndrome gastro-intestinal, la gestion de l’anorexie ou les troubles urinaires, seront également proposées lors de ce congrès, qui se tiendra à Orlando, en Floride, du 17 au 21 janvier 2026.
Le CMV Vegas 2026, organisé par Viticus Group, proposera quant à lui deux laboratoires pratiques de quatre heures consacrés à la dentisterie, permettant aux participants de s’exercer sur des cadavres. Ces ateliers, dirigés par le Dr Christoph Mans et le Dr Ivana Levy, sont limités à 40 participants et coûtent 650 $. L’American Board of Veterinary Practitioners (ABVP) proposera également un atelier pratique sur l’intubation des mammifères exotiques lors de son symposium annuel, qui se déroulera du 9 au 12 avril 2026.
L’apprentissage en ligne est également en plein essor, avec de nombreux cours disponibles sur VetFolio et le Réseau d’information vétérinaire.
Bien que les lapins soient encore moins nombreux que d’autres animaux « exotiques » comme les poissons, les reptiles ou les oiseaux, l’AEMV souligne la nécessité d’un focus accru sur cette espèce. « Chez AnimALL Mobile Vet, je vois par moi-même combien de clients ont du mal à trouver des soins vétérinaires compétents pour les lapins », témoigne le Dr Roman. « Développer une éducation davantage centrée sur le lapin est l’un des moyens les plus efficaces pour soutenir la profession et améliorer la vie de ces animaux. »
La House Rabbit Society (HRS), basée à Richmond, en Californie, joue un rôle de premier plan dans cette dynamique. L’organisation propose depuis quelques années une formation pratique spécifique aux lapins et prévoit d’étendre son programme l’année prochaine en réponse à la demande croissante. Elle est, selon le Dr Roman, « l’un des rares programmes qui placent les cliniciens directement dans des environnements d’apprentissage à haut volume et à haut niveau d’apprentissage ». La HRS, qui se consacre au sauvetage et à l’amélioration de la vie des lapins domestiques, a accueilli 54 professionnels et étudiants en 2025 pour une formation pratique en médecine et chirurgie du lapin.
« Dans la plupart des écoles vétérinaires, les étudiants ne reçoivent qu’un bref aperçu des soins aux lapins, et la formation approfondie se limite souvent à des stages électifs dans des espèces exotiques », explique Amber Tadena, directrice exécutive par intérim du HRS. « En conséquence, de nombreux nouveaux vétérinaires obtiennent leur diplôme sans les connaissances spécialisées nécessaires pour traiter les lapins en toute sécurité. »
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