Une pluie de débris incandescents provenant d’un vol d’essai de la fusée Starship de SpaceX a failli heurter plusieurs avions de ligne en janvier 2025, mettant en danger la vie de plus de 450 passagers. L’incident, révélé récemment par le Wall Street Journal, soulève des questions sur la communication et la gestion des risques liés aux lancements spatiaux.
Selon des documents de la Federal Aviation Administration (FAA), l’explosion de la fusée, lancée depuis Starbase au Texas le 13 octobre 2025, a dispersé des fragments brûlants dans l’espace aérien des Caraïbes pendant au moins 50 minutes. Des pilotes de JetBlue ont été confrontés à un dilemme : poursuivre leur vol vers San Juan, en acceptant un risque élevé, ou dévier et risquer de manquer de carburant. Deux autres avions, un appareil d’Iberia Airlines et un jet privé, ont également signalé une urgence de carburant alors qu’ils traversaient la zone temporairement interdite au survol.
Finalement, les trois avions ont pu atterrir en toute sécurité, sans que les passagers ne soient conscients du danger qu’ils avaient couru. Un mois plus tard, la FAA a mis en place une commission d’experts pour enquêter sur l’incident et prévenir de futurs accidents. La FAA est responsable de la délivrance des licences pour les lancements de fusées commerciales, ainsi que pour les missions de rentrée atmosphérique.
L’incident met en lumière un risque croissant pour la sécurité aérienne, avec une augmentation prévue des lancements et des rentrées de fusées – environ 200 à 400 par an dans les années à venir. La FAA a reproché à SpaceX de ne pas l’avoir informée immédiatement de l’explosion via la ligne téléphonique d’urgence habituelle. L’alerte a été donnée seulement 15 minutes après l’arrêt de la transmission des données de vol par le Starship, un délai jugé trop long par les autorités.
Des pilotes ont signalé avoir aperçu les débris, permettant à la tour de contrôle de l’aéroport de Miami d’être informée de l’incident. D’autres responsables de la FAA ont appris l’incident par le biais d’un chat interne. Un passager à bord d’un vol Delta Air Lines, Bob Beresh, a même pu observer l’explosion depuis son hublot. « C’était incroyable », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Que se serait-il passé si nous avions été plus proches ? » Delta a précisé qu’elle n’avait reçu aucun signalement de vols à proximité de débris spatiaux ce jour-là, mais que quatre de ses avions avaient dû changer de cap par la suite.
SpaceX a réagi à la publication de l’article du Wall Street Journal en affirmant que « pour chaque test en vol du Starship, la sécurité publique a toujours été la priorité absolue. Aucun avion n’a été mis en danger. »