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KAIST surmonte les limites de l’exploration lunaire avec une « roue pliante » – MIT Technology Review

Publié le 23 décembre 2025 à 09h07. Des chercheurs sud-coréens ont mis au point une technologie révolutionnaire de roues sans air, capables de se déployer et de se replier, ouvrant la voie à l'exploration des grottes lunaires et…

KAIST surmonte les limites de l’exploration lunaire avec une « roue pliante » – MIT Technology Review

Publié le 23 décembre 2025 à 09h07. Des chercheurs sud-coréens ont mis au point une technologie révolutionnaire de roues sans air, capables de se déployer et de se replier, ouvrant la voie à l’exploration des grottes lunaires et des tunnels de lave, des environnements jusqu’alors inaccessibles.

  • Le KAIST a développé la première roue sans air déployable au monde, une avancée clé pour l’exploration lunaire.
  • Cette technologie utilise une structure inspirée de l’origami, éliminant le besoin de mécanismes complexes et améliorant la fiabilité.
  • Les tests ont démontré la capacité de la roue à fonctionner sur des terrains lunaires simulés et à résister à des conditions extrêmes.

L’exploration de la Lune a toujours été limitée par les défis posés par son terrain accidenté. Les fosses lunaires et les tunnels de lave, formés par l’effondrement de cavités souterraines ou par l’écoulement de lave, représentent un intérêt particulier pour les scientifiques. Ces structures offrent une protection naturelle contre les radiations cosmiques et les variations extrêmes de température, ce qui en fait des sites potentiels pour de futures bases lunaires et des archives précieuses des débuts du système solaire. Cependant, l’accès à ces environnements souterrains s’est avéré extrêmement difficile.

Jusqu’à présent, les tentatives d’exploration de ces zones se heurtaient à des obstacles majeurs. Les pentes abruptes, le sol instable et la présence de roches et de débris rendaient risqué l’envoi de rovers traditionnels, avec un risque élevé de basculement et d’immobilisation. Les solutions proposées, comme l’utilisation d’un rover principal pour déployer un engin plus petit, se heurtaient aux limitations structurelles de ces derniers, notamment la taille réduite des roues et leur manque de durabilité.

L’équipe de recherche du Korea Advanced Institute of Science and Technology (KAIST), en collaboration avec l’Institut coréen de recherche aérospatiale et le département d’ingénierie aérospatiale de Daejeon, a adopté une approche radicalement différente. Plutôt que de complexifier les mécanismes, ils ont cherché à les simplifier. Leur innovation réside dans une roue sans air déployable, basée sur une structure d’origami et une technologie robotique souple.

Le principe clé de cette roue est le « Pont Da Vinci », une structure qui permet de plier et de déplier la roue sans recourir à des articulations ou des engrenages complexes. Une plaque métallique hautement élastique est pliée selon un motif d’origami pour créer une forme de roue résistante aux chocs. Une fois pliée, la roue mesure environ 23 cm de diamètre, ce qui permet de l’intégrer à un rover de petite taille. Une fois déployée, elle atteint 50 cm, offrant une mobilité accrue pour franchir des obstacles importants.

Les tests de performance, menés sur un sol lunaire artificiel et dans des conditions simulant les températures extrêmes et la présence de poussière lunaire, ont été concluants. La roue a démontré une stabilité de conduite remarquable et a conservé sa forme et sa fonctionnalité même après une chute simulée d’une hauteur d’environ 100 mètres (en tenant compte de la gravité lunaire). L’absence de pièces mécaniques complexes réduit considérablement le risque de panne, même dans un environnement aussi hostile que celui de la Lune.

Ces résultats de recherche, publiés dans la revue Science Robotics, ouvrent de nouvelles perspectives pour l’exploration lunaire. Les chercheurs estiment que cette technologie pourrait permettre d’accéder enfin aux fosses lunaires et aux tunnels de lave, des zones jusqu’alors inexplorées. Bien que des défis subsistent en matière de communication et d’alimentation électrique, cette avancée représente une étape cruciale dans la résolution du problème de la mobilité sur la Lune.

Le chemin vers les profondeurs cachées de la Lune s’ouvre désormais, non plus sur des cartes, mais sur de véritables roues.

(De gauche à droite) Jong-tae Jang, chercheur principal à l’Institut coréen de recherche aérospatiale, Cho Nam-seok, PDG de l’Institut de recherche sur l’exploration sans pilote, Lee Seong-bin, doctorant au KAIST, Lee Dae-young, professeur au KAIST, et Shim Chae-kyung, directeur du centre de l’Institut coréen d’astronomie et des sciences spatiales.
Tests de performance de conduite sur le terrain menés dans divers environnements tels que le sol lunaire artificiel, les températures extrêmes, la boue et la roche.

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À propos de l’auteur: Antoine Girard

Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.