Publié le 24 décembre 2025 07:00:00. Un consortium américano-allemand renforce la production de missiles sol-air Patriot en Bavière, anticipant une demande accrue de la part de l’OTAN et de l’Union européenne face aux tensions géopolitiques croissantes.
- Raytheon et MBDA Allemagne construisent une ligne de production de missiles GEM-T à Schrobenhausen, en Bavière.
- L’OTAN et l’UE signalent une demande accrue de ces missiles pour les systèmes de défense aérienne Patriot.
- Raytheon explore l’expansion de la production en Europe, notamment en Pologne et en Allemagne, et développe des solutions de défense anti-drone.
La production de missiles sol-air GEM-T, destinés au système de défense aérienne Patriot, va s’intensifier sur le site de Schrobenhausen, en Bavière. Raytheon, en partenariat avec MBDA Allemagne, répond ainsi à une demande croissante de la part des pays européens, dont l’Allemagne, principal client avec une commande initiale de 1 000 missiles. Joe DeAntona, vice-président de Raytheon, a souligné l’existence de « signaux de demande » clairs émanant de l’OTAN et de l’UE, alors que neuf nations européennes utilisent déjà le système Patriot pour leur défense aérienne.
Selon M. DeAntona, la future production de Schrobenhausen devrait largement satisfaire cette demande supplémentaire. Raytheon travaille en étroite collaboration avec l’Agence OTAN de soutien et d’approvisionnement (NSPA) pour mettre en place un contrat groupé facilitant les commandes de plusieurs clients. Cette approche a déjà été utilisée pour le contrat initial qui a permis de renforcer les capacités de production en Allemagne. « Nous commencerons le processus de production en 2026 », a précisé le dirigeant, avec une livraison des premiers missiles à la Bundeswehr prévue dès 2028, si la chaîne d’approvisionnement fonctionne comme prévu.
Au-delà de la demande actuelle, plusieurs pays envisagent d’acquérir des systèmes Patriot complets supplémentaires. La Bundeswehr, par exemple, aurait déjà commandé huit nouvelles unités de tir et pourrait en avoir besoin d’au moins huit autres. Raytheon a d’ores et déjà commencé à livrer des composants du dernier contrat allemand de 2023.
« En décembre 2025, nous avons commencé la livraison de plusieurs produits finaux clés dans le cadre de ce contrat, principalement axés sur les composants de commandement et de contrôle du système Patriot. »
Joe DeAntona, vice-président, Exigences et capacités, Systèmes de défense terrestre et aérienne chez Raytheon
Les radars, lanceurs et autres éléments suivront en 2026, avec une livraison complète prévue dans les 18 mois suivants. Pour répondre à cette demande accrue, Raytheon a déjà investi dans ses installations de fabrication aux États-Unis et s’appuie sur l’expertise de ses partenaires, comme la Pologne, qui joue un rôle important dans la production des lanceurs.
L’entreprise explore également des partenariats pour étendre la production en Europe. Un accord a récemment été signé avec Diehl Defence pour élaborer un plan de production commune du missile sol-air Stinger sur le continent. « Il y a encore beaucoup de travail à faire », a tempéré M. DeAntona, refusant de divulguer davantage de détails pour l’instant.
Parallèlement, Raytheon développe des solutions de défense anti-drone, un domaine en pleine expansion. L’armée américaine a sélectionné le système LIDS (Low, Slow, Small, Unmanned Aircraft Integrated Defeat System) de Raytheon, qui a déjà été testé au combat en Europe et au Moyen-Orient. Ce système, composé d’un système de commandement et de contrôle, d’un radar KuRFS et de l’effecteur Coyote, est conçu pour s’adapter aux menaces posées par les drones de nouvelle génération.
Enfin, Raytheon se prépare à proposer le nouveau radar LTAMDS (Lower Tier Air and Missile Defense Sensor) à la Bundeswehr, qui pourrait devenir le radar standard du système Patriot. Plusieurs radars de ce type ont déjà été livrés à l’armée américaine pour tests et certification, et une « production initiale à faible cadence » a commencé.