Publié le 25 décembre 2025 à 6h00. Les médecins allemands tirent la sonnette d’alarme face à une recrudescence des pneumonies, notamment en Hesse, attribuée à des bactéries tenaces qui rendent les traitements plus complexes.
- Une vague de pneumonies, principalement dues aux mycoplasmes et aux chlamydies, est en cours en Allemagne.
- Ces bactéries pénètrent dans les cellules humaines comme un virus, rendant leur éradication plus difficile et limitant les options thérapeutiques.
- Le nombre de cas a doublé par rapport à l’été dans certaines régions, avec une hospitalisation d’environ 15 à 20 patients par mois dans un cabinet médical de Bad Hersfeld.
Les médecins allemands observent une augmentation significative des cas de pneumonie, particulièrement en Hesse, depuis l’automne dernier. L’agent pathogène principal responsable de cette recrudescence est la bactérie mycoplasma, ainsi que la chlamydia, selon le Dr Martin Ebel, médecin généraliste à Bad Hersfeld et porte-parole des médecins de famille du district.

Les mycoplasmes et les chlamydies sont actuellement des agents pathogènes bactériens courants responsables d’infections respiratoires, dont certaines évoluent vers une pneumonie. Le Dr Ebel explique :
« Dans les deux cas, il s’agit de bactéries très tenaces qui pénètrent dans les cellules humaines et se comportent donc de manière similaire à un virus. »
Dr Martin Ebel, médecin généraliste à Bad Hersfeld et porte-parole des médecins de famille du district
Cette particularité rend leur traitement plus complexe, car ils ne sont sensibles qu’à un nombre limité d’antibiotiques. Heureusement, selon le Dr Ebel, « nous ne manquons pas de médicaments, comme nous le craignions récemment. »
Les patients infectés tardent souvent à consulter un médecin, attribuant leurs symptômes persistants, comme la toux, à un simple rhume. Le Dr Ebel met en garde contre la banalisation des rhumes sévères, car ces agents pathogènes peuvent également affecter d’autres organes, tels que le muscle cardiaque, la plèvre et le pancréas, entraînant des complications graves. Il n’existe actuellement aucun vaccin contre ces infections.
Le nombre de cas de pneumonie a doublé par rapport à l’été
Dans son cabinet de Bad Hersfeld, le Dr Ebel constate une augmentation alarmante des cas : « Le nombre de cas de pneumonie a doublé par rapport à l’été, atteignant 40 à 50 cas par trimestre en hiver. » Décembre est particulièrement concerné, avec environ 15 à 20 patients nécessitant une hospitalisation en raison de la gravité de leur état. « Afin de soulager les hôpitaux, nous essayons dans un premier temps de soigner les patients en ambulatoire. Cela fonctionne bien grâce à la possibilité de réaliser des radiographies pulmonaires mobiles. Mais le traitement ambulatoire a ses limites et nécessite un suivi attentif. » Il souligne également que certains patients ne présentent aucun symptôme apparent, mais que la radiographie révèle une anomalie pulmonaire.
Le Dr Ebel ne peut affirmer avec certitude si cette augmentation des infections respiratoires et des pneumonies est une conséquence de la pandémie de coronavirus, bien que cette hypothèse soit souvent évoquée. Il observe toutefois que « de nombreux patients sont aujourd’hui plus sensibles aux infections, et peut-être un peu plus fragiles. »
Augmentation générale des infections
De nombreuses personnes sont infectées par le coronavirus, mais les cas sont généralement bénins
Une explication possible, selon le Dr Ebel, est l’affaiblissement du système immunitaire de nombreuses personnes en raison de l’isolement social prolongé. Pour maintenir une immunité efficace, il est essentiel d’être exposé régulièrement à des antigènes, ce qui a été limité pendant la période de confinement. « Certaines personnes continuent de s’isoler fortement, même aujourd’hui. » Cela affaiblit la défense immunitaire non spécifique de l’organisme.
Que faire ? Vitamine C, air frais et activité physique
Les recommandations restent les mêmes que pour lutter contre le coronavirus : « lavez-vous les mains, respectez les règles d’hygiène et gardez vos distances », conseille le Dr Ebel. Il recommande également le port du masque et d’éviter les poignées de main – une pratique qu’il trouve personnellement difficile. « Je me contente de tapoter l’épaule de mes patients ou de leur faire signe. » Il insiste sur l’importance de maintenir un contact empathique avec les patients, même en adoptant des mesures de précaution. En prévention, il préconise également la prise de vitamine C, l’exposition à l’air frais et l’activité physique en plein air, « malgré les basses températures ». (Élisabeth Sennhenn)
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