L’industrie automobile indienne, en pleine expansion grâce à l’essor des véhicules électriques, va bénéficier d’un nouveau souffle avec la création d’une unité de production de semi-conducteurs de puissance, fruit d’un partenariat entre le conglomérat indien Tata Electronics et le fabricant japonais ROHM. L’objectif : réduire la dépendance du pays aux importations et renforcer sa position sur le marché mondial des puces.
Ce partenariat stratégique, annoncé récemment, prévoit l’assemblage et le test de semi-conducteurs automobiles de qualité dans une nouvelle usine implantée à Jagiroad, dans l’État d’Assam. Un investissement de 3,2 milliards de dollars (environ 2,9 milliards d’euros) est prévu pour cette installation, qui devrait être opérationnelle d’ici 2026. La production se concentrera initialement sur des MOSFET au silicium canal N 100 V, 300 A dans des boîtiers TOLL, des composants essentiels pour les batteries, les systèmes de charge et la gestion de l’énergie des véhicules électriques.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’ambitieuse mission indienne pour les semi-conducteurs, un programme national doté d’un budget de 76 000 crores de roupies (environ 8,6 milliards d’euros) visant à développer une industrie locale de puces autonome. « Ce partenariat renforce la chaîne d’approvisionnement des véhicules électriques en Inde et contribue à la résilience mondiale des semi-conducteurs », souligne un communiqué commun des deux entreprises.
L’usine d’Assam ne sera pas une entité isolée. Elle s’intégrera dans l’écosystème plus large de Tata Electronics, qui comprend notamment une usine en construction à Dholera, dans le Gujarat, en collaboration avec PSMC de Taiwan. Par ailleurs, le groupe Tata explore également des collaborations avec Intel pour l’emballage et la fabrication de produits.
Si le calendrier est ambitieux, des défis subsistent. La fabrication de semi-conducteurs est un processus complexe et les retards sont fréquents. L’Inde devra également faire face à la concurrence de géants établis tels que Taïwan, la Corée du Sud et les États-Unis. À ce stade, le pays reste dépendant des importations pour les matières premières essentielles, comme les plaquettes de silicium et les produits chimiques.
Néanmoins, ce partenariat avec ROHM représente une avancée significative. Le groupe japonais apportera son expertise technologique, tandis que Tata Electronics fournira la capacité d’assemblage et de test à grande échelle. L’investissement de 3,2 milliards de dollars en Assam devrait également avoir un impact économique positif, en créant des emplois et en stimulant le développement régional.
En s’associant à ROHM, Tata Electronics se positionne ainsi comme un acteur clé dans les ambitions de l’Inde en matière de semi-conducteurs, marquant une étape importante dans la collaboration technologique entre le Japon et l’Inde.
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