Home Technologie et scienceDes scientifiques plongent à des milliers de mètres de profondeur et remontent à la surface avec trois nouvelles espèces

Des scientifiques plongent à des milliers de mètres de profondeur et remontent à la surface avec trois nouvelles espèces

by Thomas Caron

Publié le 27 décembre 2025 à 20h08. Des scientifiques ont identifié trois nouvelles espèces de poissons limaces abyssaux, ces créatures gélatineuses habitant les profondeurs océaniques, révélant une biodiversité insoupçonnée même dans les zones marines les plus explorées.

Trois nouvelles espèces de poissons limaces (Liparidae) ont été décrites dans une étude récente, portant à plus de 400 le nombre d’espèces connues de ce poisson des profondeurs. Ces découvertes, réalisées grâce à des images et des vidéos capturées par des submersibles, soulignent l’étendue de ce qui reste à découvrir dans les abysses.

Les nouvelles espèces identifiées sont le poisson limace rugueux (Careproctus colliculus), le poisson limace rose et sombre (C. yanceyi) et le poisson limace grainé (Paraliparis et m). Les deux derniers, d’une teinte noire, ont été collectés lors d’une même plongée du submersible Alvin, ce qui a particulièrement surpris les chercheurs.

« J’ai été extrêmement surpris de voir à quel point ces deux individus étaient différents. »

Mackenzie Gerringer, directrice d’atelier et professeure agrégée de biologie à l’Université d’État de New York à Geneseo

L’étude met en évidence des différences morphologiques et génétiques significatives entre les deux poissons noirs, collectés au même endroit. Cette découverte, dans une zone marine pourtant bien étudiée, témoigne de la richesse encore cachée des abysses.

Les poissons limaces, connus pour vivre à des profondeurs extrêmes – l’une des espèces détient le record de vie à la plus grande profondeur enregistrée – sont adaptés à un environnement sans lumière. Selon les scientifiques, la couleur joue un rôle moins important dans leur camouflage à ces profondeurs.

« À ces profondeurs, il n’y a pas de soleil, donc la couleur devient moins importante pour le camouflage. »

Mackenzie Gerringer, directrice d’atelier et professeure agrégée de biologie à l’Université d’État de New York à Geneseo

Les chercheurs pensent que ces poissons communiquent entre eux et avec leur environnement par d’autres moyens, notamment en détectant les vibrations de l’eau et en utilisant leur odorat et leur goût. L’étude révèle également la présence de bioluminescence dans les profondeurs marines.

L’équipe de scientifiques a travaillé en collaboration avec l’Aquarium et l’Institut de recherche de Monterey Bay (MBARI) pour capturer ces images et vidéos, disponibles sur YouTube.

« Pour moi, trouver des espèces qui semblent si fragiles et qui prospèrent dans ces habitats met en valeur la beauté des profondeurs marines et notre responsabilité de comprendre et de protéger ces incroyables écosystèmes », a conclu Mackenzie Gerringer dans un entretien à IFLScience.

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