Publié le 28 décembre 2025 à 03:54:00. Une interdiction générale de manifester a été décrétée dans une vaste zone du Grand Sydney par le commissaire de police de Nouvelle-Galles du Sud, Mal Lanyon, au nom de la sécurité publique, quelques jours seulement après la tragédie de Bondi Beach et l’adoption d’une loi controversée sur le terrorisme et les manifestations.
- Le commissaire de police a interdit les rassemblements publics dans trois régions métropolitaines pour une période initiale de 14 jours.
- Cette interdiction, justifiée par des préoccupations liées au terrorisme, suscite des inquiétudes quant à la restriction des libertés civiles et au risque d’abus de pouvoir.
- Des critiques soulignent un lien artificiel entre les manifestations pro-palestiniennes et l’attentat de Bondi Beach, dénonçant une instrumentalisation politique.
L’interdiction de manifester, entrée en vigueur la veille de Noël, couvre les régions métropolitaines centrale, nord-ouest et sud-ouest de Nouvelle-Galles du Sud, englobant une part importante du Grand Sydney. Cette mesure radicale a été prise en vertu de la nouvelle loi sur le terrorisme et les manifestations, adoptée en urgence par le gouvernement travailliste de Chris Minns après le massacre de Bondi Beach le 14 décembre 2025, qui avait coûté la vie à 15 personnes lors d’une attaque ciblant une célébration religieuse juive. Les auteurs, inspirés par l’idéologie de l’État islamique, ont commis des meurtres.
Malgré les assurances du gouvernement, de nombreux observateurs s’interrogent sur la pertinence de cette interdiction. Les enquêteurs ont établi que les tueurs n’étaient pas impliqués dans les manifestations pro-palestiniennes qui ont marqué les 26 derniers mois. Stephen Lawrence, membre du Parlement de Nouvelle-Galles du Sud, a dénoncé un « lien artificiel » entre ces événements, affirmant que certains responsables politiques tentaient d’exploiter la tragédie à des fins politiques. Il a déclaré :
« En effet, les liens les plus clairs ont été établis entre ces événements par les dirigeants politiques. C’est une connexion que je rejette complètement. »
Stephen Lawrence, membre du Parlement de Nouvelle-Galles du Sud
La nouvelle loi permet au commissaire de police d’imposer des interdictions de manifester de 14 jours, renouvelables jusqu’à trois mois, si un incident fait l’objet d’une enquête pour terrorisme. Elle autorise également la police à émettre des ordres de déplacement lors des manifestations, un pouvoir qui avait été limité après les violences survenues lors du premier Mardi Gras de 1978. Les critiques craignent que cette loi ne permette à l’État de museler l’opposition et de restreindre les libertés fondamentales, notamment le droit de manifester, la liberté d’expression et la liberté de communication politique, qui sont implicitement garanties par la Constitution australienne.
Les conséquences de cette interdiction sont immédiates : les habitants de la zone concernée sont privés de la possibilité de manifester publiquement, par exemple contre la politique israélienne à Gaza. Des juristes, comme ceux du cabinet Sydney Criminal Lawyers, mettent en garde contre un glissement vers un autoritarisme accru, en particulier si un gouvernement moins respectueux des libertés civiles devait être élu à l’avenir. Ils rappellent que des mesures similaires avaient été adoptées en 2016, sous le gouvernement Baird, après des protestations contre les activités minières, et que des inquiétudes avaient déjà été exprimées quant au risque d’abus de pouvoir.
Cette interdiction s’inscrit dans un contexte plus large de durcissement des lois sur les manifestations en Nouvelle-Galles du Sud. En avril 2022, le gouvernement actuel, alors dans l’opposition, avait déjà critiqué les mesures draconiennes proposées par le gouvernement libéral national, qui restreignaient sévèrement le droit de protester. Ces mesures avaient été motivées par les actions directes croissantes des militants écologistes. La loi actuelle, selon les détracteurs, marque une nouvelle étape dans une tendance inquiétante à l’érosion des libertés civiles.
L’affaire rappelle également les réactions contrastées après le massacre de Christchurch en 2019, perpétré par un Australien blanc qui avait tué 51 musulmans. À l’époque, certains politiciens de gauche avaient accusé la rhétorique de droite d’avoir contribué à l’extrémisme, tandis que des figures comme Scott Morrison et Tony Abbott avaient insisté sur la responsabilité individuelle du tueur. La situation actuelle, selon les critiques, est différente : le Premier ministre de Nouvelle-Galles du Sud et d’autres responsables politiques établissent un lien direct entre les manifestants pro-palestiniens et les terroristes inspirés par l’État islamique, sans preuve tangible.
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