Publié le 26 décembre 2024 à 16h30. L’Italie aborde l’hiver avec des réserves de gaz naturel supérieures à 75 %, se positionnant comme le pays le mieux approvisionné d’Europe, malgré une légère baisse par rapport à l’année précédente. Cette situation contraste avec la diminution des stocks observée dans d’autres grands États membres, notamment l’Allemagne, et coïncide avec une hausse des prix du gaz liée au froid.
- L’Italie affiche un taux de remplissage de ses stocks de gaz à 75,72 % (153,95 térawattheures).
- L’Allemagne, malgré une capacité de stockage plus importante, voit ses réserves tomber en dessous de 60 %.
- Les prix du gaz ont augmenté de 1,3 % le 24 décembre, atteignant 28,1 euros par mégawattheure.
L’Italie se distingue en Europe par la solidité de ses réserves de gaz naturel, un atout crucial à l’approche de la saison hivernale. Selon les données publiées par Infrastructures Gazières Europe (GIE), le taux de remplissage des stocks italiens s’élève à 75,72 %, ce qui équivaut à 153,95 térawattheures (TWh). Bien que légèrement inférieur aux 160,1 TWh enregistrés à la même période en 2023, ce niveau reste suffisant pour garantir une plus grande sérénité énergétique par rapport à d’autres pays européens.
La comparaison avec l’Allemagne est particulièrement frappante. Le pays germanique, qui dispose d’une capacité de stockage structurellement plus importante, voit ses réserves chuter en dessous de 60 %, atteignant 59,78 % (150,1 TWh) contre 206,7 TWh l’année précédente. Au niveau européen, les stocks agrégés se situent à 64,78 % (740,1 TWh), soit environ 120 TWh de moins que les 858,2 TWh de décembre 2023.
Cette baisse des stocks dans plusieurs pays est en partie imputable aux conditions climatiques actuelles. Après une période relativement douce avant Noël, l’Europe connaît un refroidissement marqué, avec des températures proches ou inférieures à zéro dans des villes comme Paris, Londres et Berlin. Cette situation a déjà entraîné une augmentation de la consommation de gaz, notamment pour le chauffage domestique.
Sur le marché du gaz, le méthane a enregistré une hausse de 1,3 % le 24 décembre, se stabilisant à 28,1 euros par mégawattheure, un niveau maintenu le lendemain de Noël. La diminution temporaire de la consommation industrielle pendant les vacances n’a pas suffi à compenser l’augmentation de la demande liée au froid. Néanmoins, les prix restent globalement à des niveaux inférieurs à ceux observés lors des pics des années précédentes.
Les approvisionnements étrangers contribuent également à stabiliser le marché. Les livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) par voie maritime se poursuivent régulièrement, favorisées par une demande plus faible en Asie, tandis que les flux en provenance de Norvège sont assurés.
Le niveau des réserves italiennes revêt une importance stratégique, non seulement pour la sécurité nationale, mais aussi pour la stabilité des prix. Disposer de stocks bien remplis permet de faire face à des augmentations soudaines de la demande ou à d’éventuelles interruptions d’approvisionnement, réduisant ainsi les risques de chocs sur le marché.
En Italie, l’opérateur principal du stockage est Snam, par l’intermédiaire de sa filiale Stogit. Neuf sites sont actifs : Brugherio, Bordolano, Cortemaggiore, Fiume Treste, Minerbio, Ripalta, Sabbioncello, Sergnano et Settala. La capacité maximale globale des champs gérés par Stogit s’élève à environ 17 milliards de mètres cubes.
La surveillance des conditions climatiques reste un facteur clé pour anticiper l’évolution du marché. En cas de vagues de froid prolongées, la demande pourrait augmenter rapidement en Europe du Nord, avec des répercussions sur les prix et les stocks. La position de l’Italie, avec ses réserves supérieures à 75 %, lui permet d’aborder l’hiver avec une marge de sécurité plus confortable que d’autres pays européens, dans un contexte où l’équilibre entre l’offre et la demande reste particulièrement fragile.