Home MondeLa première visite de l’ONU à El-Fasher au Soudan révèle des civils traumatisés au milieu d’informations faisant état d’atrocités massives

La première visite de l’ONU à El-Fasher au Soudan révèle des civils traumatisés au milieu d’informations faisant état d’atrocités massives

by Clara Dubois

El-Fasher, ville soudanaise tombée aux mains des forces paramilitaires des Forces de soutien rapide (RSF) en octobre dernier, est décrite par l’ONU comme un « épicentre de la souffrance humaine ». Une équipe humanitaire a pu accéder à la ville pour la première fois en près de deux ans, révélant une situation catastrophique marquée par la famine et des atrocités massives.

La coordinatrice de l’aide de l’ONU, Denise Brown, a qualifié El-Fasher de « scène de crime » après une brève visite le week-end dernier. La ville, qui comptait plus d’un million d’habitants avant le conflit, est aujourd’hui confrontée à une crise humanitaire aiguë, avec des civils traumatisés vivant sans eau potable ni assainissement.

« El-Fasher est le fantôme de lui-même », a déclaré Denise Brown dans une interview. « Nous ne disposons pas encore de suffisamment d’informations pour déterminer combien de personnes restent là-bas, mais nous savons que de grandes parties de la ville sont détruites. Les personnes qui restent ont vu leurs maisons détruites. »

L’accès à El-Fasher a été bloqué pendant plus de 500 jours, suite à un siège prolongé. La prise de contrôle de la ville par les RSF s’est accompagnée, selon des informations, de massacres, de torture et de violences sexuelles. Des images satellite examinées par l’Agence France-Presse (AFP) suggèrent l’existence de charniers.

« Nous n’avons pu voir aucun des détenus et nous pensons qu’il y en a », a précisé Denise Brown. À ce stade, l’ONU se concentre sur le rétablissement de l’aide aux survivants, tout en laissant des experts en droits de l’homme mener des enquêtes sur les atrocités présumées.

Les conditions de vie des habitants restants sont désespérées. « Certains d’entre eux vivent dans des bâtiments abandonnés, d’autres dans des conditions très rudimentaires, sous des bâches en plastique, sans assainissement ni eau », a souligné la coordinatrice humanitaire. « Ce sont donc des conditions très indignes et dangereuses. »

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