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croyez le nouveau Steve Jobs

Le lancement tonitruant des Google Glass en 2012, avec des parachutistes diffusant en direct depuis leurs lunettes connectées, s'est transformé en un des plus cuisants échecs de la Silicon Valley. Plus d'une décennie après, Sergey Brin, cofondateur de…

croyez le nouveau Steve Jobs

Le lancement tonitruant des Google Glass en 2012, avec des parachutistes diffusant en direct depuis leurs lunettes connectées, s’est transformé en un des plus cuisants échecs de la Silicon Valley. Plus d’une décennie après, Sergey Brin, cofondateur de Google, a révélé que l’erreur n’était pas technique, mais plutôt une question d’ambition démesurée et de manque de préparation.

Lors d’une conférence à l’Université de Stanford, Brin a fait un aveu surprenant : il avait tenté de reproduire le succès d’Apple, et plus précisément le charisme de Steve Jobs, sans avoir posé les bases nécessaires. « J’ai sauté le pas et j’ai pensé : ‘Oh, je suis le prochain Steve Jobs, je peux le faire. Ta-chan.’ », a-t-il déclaré, utilisant une expression japonaise signifiant une révélation soudaine.

Selon Brin, Google a précipité la commercialisation de l’appareil, lançant un prototype à 1 500 $ (plus de 2 000 $ au taux de change actuel) doté d’une autonomie limitée et d’un design peu attrayant, au lieu de le perfectionner et de le rendre viable pour le grand public. Il a comparé cette approche à celle d’Apple, qui prend le temps de faire mûrir ses produits.

L’échec des Google Glass s’explique également par le contexte de l’époque. En 2012, l’iPhone 5s venait de sortir, l’iPad n’avait que deux ans et la 4G en était à ses débuts. L’essor des créateurs de contenu et des vidéos verticales était encore à venir, et l’idée de porter une caméra sur le visage suscitait une forte résistance sociale, donnant naissance au terme péjoratif « Glasshole ». Même Siri, l’assistant vocal d’Apple, se moquait des Google Glass.

Aujourd’hui, la donne a changé, comme le prouve le succès des lunettes Ray-Ban Meta. Nous vivons à l’ère d’Instagram et de TikTok, où l’enregistrement de notre quotidien est devenu une pratique courante. Google a présenté un produit avant que la société et la technologie ne soient prêtes, tandis que Meta a su attendre le bon moment pour proposer un appareil répondant aux attentes des consommateurs.

L’histoire des Google Glass rappelle celle du Newton d’Apple, un assistant personnel numérique lancé dans les années 1990, bien avant l’arrivée des smartphones. Steve Jobs, bien que capable de révolutionner des industries entières, avait également la clairvoyance de savoir quand mettre un projet en pause. Il aurait envisagé de lancer l’iPad avant l’iPhone, mais a finalement choisi de concentrer les ressources sur le développement du téléphone, anticipant son potentiel disruptif.

Apple semble aujourd’hui adopter une stratégie similaire avec son Vision Pro, un ordinateur spatial coûteux et géographiquement limité. Bien que son lancement soit timide, l’expérience immersive qu’il offre est impressionnante. Parallèlement, Apple travaille sur des lunettes plus légères et abordables, dans le style des Ray-Ban, dont la sortie est prévue dans les deux prochaines années.

L’iPhone n’était pas le premier smartphone, mais il a été celui qui a tout changé. Peut-être qu’arriver en retard et ne pas être le premier est précisément la clé pour innover et révolutionner à nouveau le marché. Google a eu le courage d’être pionnier, et Sergey Brin a fait preuve d’honnêteté en reconnaissant son erreur. L’entreprise a, malgré tout, ouvert la voie à un avenir où la technologie sera de plus en plus intégrée à notre quotidien, et plus précisément, à notre regard.

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.