L’euro maintient une pression à la hausse sur le dollar, soutenu par des anticipations de baisse des taux d’intérêt aux États-Unis et une politique monétaire plus prudente de la Banque centrale européenne (BCE). Malgré un récent repli, la paire EUR/USD reste proche de ses plus hauts de trois mois, oscillant entre des vents contraires liés aux tensions géopolitiques et aux perspectives économiques divergentes.
La paire de devises s’échange actuellement autour de 1,1760-1,1780, après avoir buté sur une zone de résistance entre 1,1800 et 1,1808 la semaine dernière. Ce recul s’inscrit dans un contexte de faible liquidité de fin d’année, après un rebond notable en décembre. Les marchés anticipent désormais trois baisses de taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) en 2025, ramenant le taux des fonds fédéraux entre 3,50 % et 3,75 %, avec la possibilité de deux à trois réductions supplémentaires en 2026. Cette trajectoire exerce une pression sur les rendements réels et limite structurellement le potentiel de hausse du dollar.
Cependant, le dollar bénéficie de son statut de valeur refuge face aux incertitudes géopolitiques. Les déclarations de Donald Trump évoquant un accord de paix en Ukraine « beaucoup plus proche » soutiennent l’euro en réduisant les craintes d’une escalade du conflit en Europe. Inversement, les tensions croissantes autour de la Chine et de Taïwan stimulent la demande d’actifs refuges, favorisant le dollar. L’annonce de nouvelles mesures protectionnistes par Trump et les discussions sur une possible récession ajoutent à la complexité du tableau, plaçant l’EUR/USD entre des taux d’intérêt plus bas et des pics d’aversion au risque qui soutiennent temporairement le dollar.
Sur le marché des changes, l’indice dollar (DXY) se stabilise autour de 98,00-98,10 après avoir rebondi depuis un support situé entre 97,73 et 97,80. Sur un graphique en deux heures, on observe une reprise fragile, avec la moyenne mobile exponentielle sur 50 périodes (EMA 50) à 98,12 agissant comme première résistance, et l’EMA 100 autour de 98,55-98,60 représentant un seuil plus important. Le mouvement est également limité par le retracement de Fibonacci de 38,2 % de la phase baissière précédente, également autour de 98,12.
Si le DXY parvient à franchir 98,25, le prochain objectif serait 98,55, avec une possible progression vers 99,00. À l’inverse, si l’indice ne parvient pas à dépasser 98,25, un nouveau test de 97,75 est envisageable. Pour l’EUR/USD, un rejet du DXY entre 98,25 et 98,55 pourrait favoriser un rebond au-dessus de 1,1800, tandis qu’une cassure à la hausse de l’indice pourrait entraîner une baisse de la paire vers 1,1700, voire plus bas.
La politique monétaire divergente entre la BCE et la Fed reste un facteur clé. La BCE adopte une approche plus prudente que la Fed, qui a déjà réduit ses taux de 75 points de base en 2025 et signale de nouvelles assouplissements en 2026. Les marchés anticipent au moins deux baisses de taux de la Fed l’année prochaine, tandis que la BCE maintient une attitude plus restrictive. Cette divergence explique pourquoi l’EUR/USD continue de s’échanger près de ses plus hauts de trois mois, malgré un DXY ferme autour de 98,00.
Bien que la croissance de la zone euro ne soit pas particulièrement forte, plusieurs facteurs maintiennent la pression sur le dollar à moyen terme : un ralentissement du marché du travail américain, un produit intérieur brut (PIB) américain annualisé de 4,3 % jugé insoutenable par les marchés, et des risques politiques persistants aux États-Unis. Dans ce contexte, les baisses de l’EUR/USD vers 1,1700 sont plus susceptibles d’attirer des acheteurs que de provoquer un renversement de tendance, à moins que les données macroéconomiques ou la communication de la Fed ne signalent un changement de cap vers une politique plus restrictive.
Techniquement, l’EUR/USD évolue dans un canal ascendant sur les graphiques en deux heures et en quatre heures. Les acheteurs défendent activement la limite inférieure de ce canal autour de 1,1750. Le graphique journalier reste haussier, avec le prix au-dessus des EMA de neuf et de 50 jours, à 1,1757 et 1,1673 respectivement. L’indicateur de force relative (RSI) sur 14 jours se situe près de 63,9, confirmant une dynamique positive, bien que légèrement en recul par rapport aux niveaux de surachat.
À court terme, l’EUR/USD se situe entre un support entre 1,1750 et 1,1760 et une résistance entre 1,1805 et 1,1850. Une cassure au-dessus de 1,1850 pourrait ouvrir la voie à une progression vers 1,1918-1,1930, un niveau de résistance important depuis juin 2021. Une clôture quotidienne en dessous de 1,1750, en revanche, signalerait un affaiblissement de la tendance haussière et pourrait entraîner une baisse vers 1,1700, voire 1,1673.
Les traders adoptent une stratégie d’achat en cas de baisse, ciblant la zone entre 1,1755 et 1,1700. Les ordres stop sont placés juste en dessous de l’EMA de 50 jours, autour de 1,1660-1,1670, pour se protéger contre un éventuel retournement de tendance. Les objectifs de prise de bénéfices se situent initialement entre 1,1805 et 1,1810, puis entre 1,1850 et 1,1863, avec un objectif étendu autour de 1,1918 et 1,1930 si les perspectives de baisse des taux de la Fed se confirment.