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Je me réveille avec la famille et les amis d’hier, intouchables pour moi – The Irish Times

Publié le 31 décembre 2024 à 18h01. Vivre à l'autre bout du monde, en Australie, offre une perspective unique sur le temps et la distance, exacerbée par les fêtes de fin d'année et les événements marquants de la…

Je me réveille avec la famille et les amis d’hier, intouchables pour moi – The Irish Times

Publié le 31 décembre 2024 à 18h01. Vivre à l’autre bout du monde, en Australie, offre une perspective unique sur le temps et la distance, exacerbée par les fêtes de fin d’année et les événements marquants de la vie qui se déroulent en temps différent pour l’auteur et ses proches restés en Irlande.

À l’approche du Nouvel An, alors que Canberra entrait en 2025, l’auteur partageait sur les réseaux sociaux une impression de décalage temporel. « Nous sommes à douze minutes de 2025 ici à Canberra au moment où j’écris ceci. Rien de majeur à signaler jusqu’à présent », écrivait-il, conscient de l’étrange situation de vivre l’avenir pendant que ses amis et sa famille en Irlande se préparaient encore à célébrer le passage à la nouvelle année.

Ce sentiment de déconnexion temporelle a été immédiatement commenté par un internaute, qui a répondu avec une pointe d’ironie : « Cela n’a pas bien vieilli. » Un commentaire qui, bien que sec, soulignait la fragilité de toute prédiction et la capacité de l’imprévu à surgir.

L’auteur explique que cette remarque l’a frappé car il avait formulé son message avec l’espoir naïf que rien de grave ne se produirait. Il s’agissait, au-delà d’une simple plaisanterie sur le décalage horaire, d’une expression du désir de stabilité et de tranquillité. Il observe que les Australiens, bien que vivant dans un environnement propice à la contemplation, semblent peu enclins à prédire l’avenir ou à commenter les événements mondiaux, préférant se concentrer sur leur propre bien-être et leurs activités.

Le décalage horaire, qui représente onze heures d’avance sur l’Irlande, crée une distance qui dépasse le simple aspect temporel. Chaque matin, l’auteur se réveille dans un monde où ses proches vivent encore le jour précédent, un « hier » inaccessible. Il illustre cette sensation en évoquant une conversation téléphonique avec un ami de San Francisco, qui lui a adressé ses vœux en précisant qu’il était « dix-neuf heures en retard » sur lui.

Cette désynchronisation s’intensifie pendant la période de l’année où l’Irlande se prépare à l’hiver, tandis que l’Australie est en plein été. L’auteur décrit cette dualité comme une horloge interne qui bat au rythme des saisons opposées, un décalage entre le corps et l’esprit.

La nature australienne, luxuriante et vibrante, contraste fortement avec les souvenirs d’hiver irlandais. La chaleur intense, la lumière éblouissante et la faune exotique rappellent constamment à l’auteur qu’il se trouve dans un monde différent, un univers parallèle où les repères familiers sont absents. Il évoque la sensation de brûlure de la peau nue sous le soleil australien, la nécessité de porter des lunettes de soleil en permanence et le désir inconscient de retrouver l’obscurité et la fraîcheur de l’hiver.

Cette distance géographique et temporelle a pris une dimension plus poignante cette semaine, lorsque l’auteur a appris le décès d’un proche pendant son sommeil. Il avait anticipé cette possibilité lorsqu’il avait pris la décision de s’installer en Australie, mais la réalité de la nouvelle l’a néanmoins profondément affecté. Il souligne que la vie continue en Irlande pendant qu’il dort, et qu’il reçoit les nouvelles de chez lui avec un sentiment de retard et d’éloignement.

Les messages de ses proches, qu’il s’agisse de vidéos de ses neveux et nièces ou de réflexions d’amis, lui parviennent comme des fragments d’un monde lointain. La nouvelle du décès, en particulier, lui est parvenue comme une vague qui traverse les vies de ceux qui étaient proches de la personne disparue, une vague qu’il observe de loin, dans cet « univers parallèle » australien.

L’auteur conclut en soulignant que l’émigration s’étend à travers l’espace et le temps, et que vivre en Australie signifie constamment expérimenter la vie en dehors du temps ou rétrospectivement. Le passage à la nouvelle année sera, une fois de plus, l’occasion de se sentir à la fois présent dans deux pays et déconnecté de l’un d’eux, avec un pied dans le passé et l’autre dans l’avenir.

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À propos de l’auteur: Antoine Girard

Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.