Publié le 3 janvier 2024 10:15:00. Les syndicats ferroviaires belges préparent un mouvement social majeur en déposant un préavis de grève la semaine du 5 janvier, en réaction à des décisions gouvernementales jugées inacceptables concernant l’avenir du personnel de la SNCB et d’Infrabel.
- Un préavis de grève sera déposé la semaine du 5 janvier par les syndicats ferroviaires.
- La fin des engagements permanents à la SNCB et Infrabel à partir de juin 2026 est au cœur des revendications.
- Une modification des règles du dialogue social et une réduction du financement de la SNCB de 675 millions d’euros (sur la législature actuelle) alimentent également la colère syndicale.
Les organisations syndicales, menées par l’ACOD Spoor, s’opposent fermement à un avant-projet de loi approuvé par le gouvernement fédéral le 23 décembre, qui mettrait fin aux engagements permanents au sein de la Société Nationale des Chemins de fer Belges (SNCB) et d’Infrabel à compter de juin 2026. Pierre Lejeune, président national de l’ACOD Spoor, dénonce une décision
« politique inacceptable »
Pierre Lejeune, président national d’ACOD Spoor qui, selon lui, priverait le personnel de
« garanties essentielles »
Pierre Lejeune, président national d’ACOD Spoor.
Outre cette question cruciale, les syndicats pointent du doigt une modification des règles régissant le dialogue social au sein du secteur ferroviaire. Selon M. Lejeune, la majorité qualifiée des deux tiers, traditionnellement requise pour les décisions importantes de la commission paritaire, est en train d’être
« manipulée »
Pierre Lejeune, président national d’ACOD Spoor.
« Le projet de loi prévoit que si cette majorité n’est pas atteinte, le dossier sera soumis à HR Rail, où les dirigeants pourront seuls décider »
Pierre Lejeune, président national d’ACOD Spoor, explique-t-il, soulignant une perte de pouvoir pour les représentants du personnel.
La situation est aggravée par une réduction budgétaire de 675 millions d’euros infligée à la SNCB durant la présente législature, une mesure vivement critiquée par les syndicats. La question des retraites est également source de vives inquiétudes. Des discussions de fin novembre avaient évoqué la possibilité pour les employés de la SNCB de devoir travailler jusqu’à l’âge de 67 ans à partir de 2027, avec la suppression progressive des primes de péréquation (à partir de 2026) et des primes préférentielles (à partir de 2027). Le calcul des pensions serait désormais basé sur l’ensemble de la carrière, et non plus sur les dix dernières années.
Malgré une volonté affichée de dialogue, les perspectives de parvenir à un accord et d’éviter la grève apparaissent minces.
« Nous sommes ouverts aux discussions tant qu’il existe une base possible d’accord, mais j’ai des doutes »
Pierre Lejeune, président national d’ACOD Spoor, a déclaré M. Lejeune, rappelant l’échec de deux cycles de négociations avec le ministre compétent.
« Je ne vois pas comment notre situation pourrait changer ; notre marge de manœuvre est très limitée »
Pierre Lejeune, président national d’ACOD Spoor.
La SNCB s’engage à assurer un service minimum pendant les grèves, mais les détails concernant les trains maintenus et ceux annulés ne seront communiqués que quelques jours avant le début du mouvement social.
Image d’archive. © Kristof appelé