L’or a conclu l’année 2025 sur une note exceptionnelle, consolidant un statut de valeur refuge renforcé par de nouvelles réglementations et une demande soutenue des banques centrales. Après avoir battu une cinquantaine de records tout au long de l’année, avec un pic à 4 549,71 dollars l’once (environ 4 225 euros) juste après Noël, le métal précieux s’est stabilisé autour de 4 300 à 4 310 dollars (environ 3 980 à 4 000 euros) à la fin décembre.
Sur l’ensemble de l’année, l’or a enregistré une progression d’environ 64 %, sa meilleure performance depuis la fin des années 1970. Si les dernières semaines de décembre ont été marquées par un léger recul, lié à la faible liquidité des marchés pendant les vacances et à un certain épuisement de la tendance haussière, les analystes soulignent la solidité du support autour de 4 000 dollars (environ 3 700 euros), qui maintient le marché dans une dynamique positive.
Au cœur de cette performance se trouve l’évolution de la réglementation bancaire, notamment le cadre de Bâle III mis à jour. Désormais, l’or physique est considéré comme un actif liquide de haute qualité de premier niveau, valorisé à 100 % de sa valeur marchande, contre une décote de 50 % auparavant. Pour les grandes banques, cela transforme les lingots d’or en une garantie de base efficace en termes de capital, et non plus seulement en une couverture tactique.
Les banques centrales ont également joué un rôle clé, accumulant 1 136 tonnes en 2022 et poursuivant leurs achats en 2023 et 2024, ajoutant plusieurs dizaines de tonnes au seul troisième trimestre. Elles signalent d’ailleurs leur intention de continuer à acquérir de l’or et des lingots en 2025. Cette demande officielle, selon les experts, agit désormais comme une offre structurelle, rendant crédible une valorisation de l’or au-delà de 4 000 dollars (environ 3 700 euros).
Techniquement, le cours du XAU/USD (or par rapport au dollar américain) est passé d’une phase de croissance parabolique à une phase de consolidation. Après avoir atteint un sommet à 4 549,71 dollars (environ 4 225 euros), le marché a légèrement reculé autour de 4 300 dollars (environ 3 980 euros) et évolue désormais dans un large triangle, caractérisé par des hauts à court terme plus bas et des plus bas plus élevés. Ce triangle ascendant suggère un potentiel de hausse vers 4 800 dollars l’once (environ 4 440 euros), selon les indicateurs de dynamique qui confirment une digestion plutôt qu’un effondrement du marché.
Les principaux niveaux de support se situent entre 4 000 et 4 100 dollars (environ 3 700 à 3 780 euros), tandis que la zone de résistance clé se trouve entre 4 500 et 4 550 dollars (environ 4 160 à 4 210 euros), un niveau qui a repoussé le cours à deux reprises. Une clôture hebdomadaire au-dessus de ce seuil rouvrirait la voie vers l’objectif de 4 800 dollars (environ 4 440 euros), tandis qu’une cassure décisive en dessous de 4 000 dollars (environ 3 700 euros) signalerait un retour à la moyenne plus prononcé.
Le contexte géopolitique et les politiques commerciales ont également contribué à la hausse de l’or. Les multiples annonces de nouvelles taxes douanières par l’administration américaine actuelle ont pesé sur les métaux industriels et les devises, incitant les investisseurs à se tourner vers des valeurs refuges. Par ailleurs, les débats européens sur la souveraineté des réserves d’or ont pris de l’ampleur, notamment en Allemagne et en Italie, qui détiennent ensemble environ 5 800 tonnes de lingots, d’une valeur d’environ 320 milliards de dollars (environ 295 milliards d’euros) aux prix de fin 2025. La pression politique pour rapatrier ces réserves et réduire la dépendance aux coffres-forts étrangers a fait de l’or un symbole d’autonomie stratégique.
Aux États-Unis, les appels à un audit complet des réserves de Fort Knox, qui détient environ 147 millions d’onces de lingots, ont renforcé la perception de l’or comme une garantie souveraine essentielle. Les discussions au sein des BRICS sur une infrastructure de paiement légère en dollars adossée à des lingots, ainsi que les spéculations sur la fin de « l’or papier », ont également incité davantage d’investisseurs à se positionner sur l’or physique.
Du côté de l’offre, le secteur minier a été confronté à plusieurs risques, notamment au Mali, où les autorités ont saisi environ 35 000 onces d’or (environ 117 millions de dollars, soit environ 108 millions d’euros) puis une quantité plus importante, d’une valeur d’environ 245 millions de dollars (environ 226 millions d’euros), du complexe de Loulo Gounkoto, entraînant une fermeture temporaire. Au Burkina Faso, quatrième producteur d’or africain, le gouvernement a intensifié ses demandes de participations publiques plus importantes dans les nouvelles mines. Au Pérou, des mineurs illégaux ont ciblé un projet de 4,8 milliards de dollars (environ 4,4 milliards d’euros), mettant en évidence les problèmes de production informelle et de sécurité.
L’exemple du Zimbabwe et de sa monnaie Zig, adossée à des réserves de lingots et de minéraux, illustre le rôle de l’or comme ancre monétaire. Alors que l’or a atteint des niveaux record en 2025, le taux de change officiel USD/ZWG s’est renforcé pour atteindre environ 25,98. La banque centrale a combiné ce soutien avec un programme d’achats de minerais et une politique monétaire restrictive, comprenant un taux de référence de 35 %, afin de décourager les emprunts spéculatifs et de maintenir l’inflation sous contrôle.
Enfin, l’évolution des taux d’intérêt mondiaux est étroitement liée à la performance de l’or. La Réserve fédérale américaine a réduit ses taux directeurs à trois reprises en 2025, mais son comité de politique monétaire est divisé sur l’ampleur et le rythme des baisses futures. L’indice des prix à la consommation de novembre, proche de 3,8 %, maintient l’inflation au-dessus de l’objectif de 2 %, ce qui complique la trajectoire des rendements réels. Si la Fed maintient une orientation axée sur une inflation persistante, les rendements réels pourraient baisser, soutenant ainsi le cours de l’or. À l’inverse, une attitude plus restrictive pourrait entraîner une hausse des rendements nominaux et du dollar, créant des vents contraires temporaires pour l’or.
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