Publié le 2024-02-06 14:32:00. Le constructeur chinois BYD a dépassé Tesla en termes de ventes mondiales de véhicules électriques en 2023, marquant un tournant dans le marché automobile et mettant en lumière les difficultés rencontrées par le pionnier américain, notamment avec la fin des subventions fiscales aux États-Unis.
- BYD a vendu 2,2 millions de véhicules électriques en 2023, contre 1,6 million pour Tesla.
- La fin des crédits d’impôt américains de 7 500 dollars a entraîné une baisse de 15,6 % des livraisons mondiales de Tesla au dernier trimestre de 2023.
- Elon Musk mise désormais sur les robotaxis autonomes et les robots humanoïdes comme principaux moteurs de croissance de Tesla.
Tesla n’est plus le leader incontesté du marché mondial des voitures électriques. L’entreprise chinoise BYD a pris la première place en 2023, avec 2,2 millions de véhicules vendus, contre 1,6 million pour le constructeur américain. Ce changement de position s’explique en partie par la fin des subventions fiscales aux États-Unis, qui a pesé sur les ventes de Tesla.
Fin septembre, le président Donald Trump a laissé expirer le crédit d’impôt de 7 500 dollars destiné aux acheteurs de véhicules électriques. Les conséquences se sont rapidement fait sentir : les livraisons mondiales de Tesla ont chuté de 15,6 % au cours des trois mois suivants, atteignant 418 227 véhicules. Il s’agit de la deuxième baisse consécutive des livraisons pour Tesla en 2023, après une diminution de 8,5 % pour atteindre 1 636 million de véhicules. L’entreprise avait atteint un pic en 2022 avec plus de 1,8 million de voitures livrées.
Keystone/AP Photo/David Zalubowski
L’investisseur et analyste américain Gene Munster a souligné, après la publication de ces chiffres, une baisse d’environ 30 % des ventes de voitures électriques aux États-Unis en octobre seul. Il prévoit une reprise des livraisons de Tesla d’environ cinq pour cent pour l’année en cours.
Musk : les robotaxis et les robots, l’avenir de Tesla
Face à ces difficultés, Elon Musk, le patron de Tesla, minimise l’importance des ventes de voitures et affirme que l’avenir de l’entreprise repose sur le développement de robotaxis autonomes et de robots humanoïdes. Dans ces domaines, Tesla est encore à ses débuts et se heurte à une concurrence féroce. L’entreprise n’a pour l’instant déployé qu’une cinquantaine de robotaxis dans la ville d’Austin, au Texas, la plupart étant accompagnés d’un opérateur de sécurité sur le siège passager.
Waymo, la filiale de Google dédiée à la conduite autonome, est bien plus avancée, exploitant plus de 2 500 véhicules sans conducteur dans plusieurs villes américaines et poursuivant son expansion. La rivalité est d’autant plus intense que Musk adopte une approche différente de celle de la majorité de l’industrie en matière de voitures autonomes. Il affirme que les Tesla pourraient conduire de manière autonome en utilisant uniquement des caméras, tandis que Waymo et d’autres constructeurs s’appuient également sur des capteurs supplémentaires, tels que des radars laser (lidar), pour scanner l’environnement du véhicule.
Si la stratégie de Musk s’avère payante, Tesla pourrait bénéficier d’un avantage concurrentiel significatif en termes de coûts et déployer rapidement son service de robotaxis. Cependant, les concurrents et les experts expriment des doutes quant à la fiabilité et à la sécurité d’une telle solution. De nombreuses entreprises, tant chinoises qu’américaines, comme Agility Robotics et Figure AI, travaillent également sur le développement de robots humanoïdes, notamment pour des applications industrielles.
Selon Gene Munster, tant que les ventes de Tesla restent stables, le marché boursier accordera à Elon Musk la marge de manœuvre nécessaire pour poursuivre ses projets ambitieux.