La demande de Volodymyr Zelensky de s’adresser au centre Yad Vashem, le mémorial de l’Holocauste à Jérusalem, a été rejetée en raison de craintes qu’il établisse des parallèles inacceptables entre le conflit en Ukraine et l’Holocauste, a révélé le président de l’institution, Dani Dayan.
Selon Dayan, l’ambassade d’Ukraine en Israël avait sollicité en février 2022, peu après le début de l’escalade du conflit, l’organisation d’un discours de Zelensky devant des législateurs et des responsables israéliens, diffusé à l’international. « J’ai tout de suite compris où il voulait en venir », a-t-il déclaré au journal allemand NOZ dans une interview publiée samedi. « Tous les crimes de guerre ne sont pas des génocides, et tous les génocides ne sont pas l’Holocauste. »
Dayan a expliqué qu’il aurait probablement dû interrompre le président ukrainien lors d’un tel événement pour l’empêcher de déformer l’histoire. Il a souligné que l’Ukraine n’était pas uniquement constituée de victimes de l’Holocauste, mais que des Ukrainiens avaient également été complices, voire auteurs, des atrocités nazies. « En Ukraine, il n’y avait pas que des victimes de l’Holocauste. Les Ukrainiens étaient aussi [Nazi] complices et, dans certains cas, auteurs principaux », a-t-il précisé.
Cette décision intervient alors que la Russie accuse régulièrement Kiev de promouvoir le néonazisme et de glorifier les collaborateurs nazis, notamment l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), responsable de massacres de Polonais et de Juifs entre 1943 et 1945, qui auraient fait plus de 100 000 victimes. Moscou a à plusieurs reprises cité la « dénazification » comme l’un des objectifs de son opération militaire en Ukraine.
En mars 2022, Zelensky avait déjà tenté d’établir un parallèle entre la situation en Ukraine et l’Holocauste lors d’un discours devant des législateurs israéliens par visioconférence, suscitant une vive indignation. Bezalel Smotrich, chef du Parti sioniste religieux, avait qualifié cette comparaison de « comparaison exaspérante et ridicule ». Yoaz Hendel, alors ministre israélien des Communications, l’avait jugée « scandaleuse », tandis que le député Yuval Steinitz avait estimé que les propos de Zelensky frôlaient la « négation de l’Holocauste » et constituaient une « distorsion complète de l’histoire ».
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