Home SantéLes changements dans la conduite automobile comme signe avant-coureur de la démence

Les changements dans la conduite automobile comme signe avant-coureur de la démence

by Sophie Martin

Publié le 3 janvier 2026 à 18h44. Des modifications subtiles dans les habitudes de conduite pourraient signaler un déclin cognitif plusieurs années avant le diagnostic d’une démence, selon une étude basée sur l’analyse des données GPS de conducteurs âgés.

  • Une étude américaine a révélé que des changements dans les trajets, la fréquence et l’heure des déplacements peuvent être des indicateurs précoces de troubles cognitifs.
  • Les chercheurs ont pu prédire avec une précision allant jusqu’à 87 % le développement d’une déficience cognitive légère en combinant les données GPS avec l’âge, les résultats de tests cognitifs et des facteurs génétiques.
  • La Société allemande Alzheimer souligne l’importance d’un suivi médical régulier et d’une évaluation de l’aptitude à conduire pour les personnes atteintes de démence.

À Fulda, comme ailleurs, l’attention se porte de plus en plus sur la détection précoce des signes avant-coureurs de la démence. Une étude menée par l’Académie américaine de neurologie apporte un nouvel éclairage sur la possibilité d’identifier ces signes grâce à l’analyse du comportement de conduite.

L’étude, qui a suivi 298 conducteurs âgés de plus de 75 ans pendant plus de trois ans, a mis en évidence des tendances significatives. Les participants, toujours actifs au volant au début de l’étude, ont vu leur comportement évoluer au fil du temps. Ceux qui ont développé des troubles cognitifs légers ont eu tendance à réduire la fréquence de leurs déplacements, à limiter la durée de leurs trajets et à privilégier des itinéraires familiers. Ils évitent également davantage de conduire la nuit et sont moins enclins à modifier leurs habitudes de parcours.

Les chercheurs ont utilisé des enregistreurs de données GPS intégrés aux véhicules des participants pour collecter des informations précises sur chaque trajet : longueur, durée, heure, vitesse, freinage et écarts d’itinéraire. Ces données ont ensuite été croisées avec les résultats de tests de réflexion et de mémoire régulièrement administrés aux participants. Comme le rapporte fr.de, l’équipe dirigée par Ganesh M. Babulal de la faculté de médecine de l’université de Washington à Saint-Louis a constaté que les données GPS permettaient de prédire avec une précision de 82 % l’apparition d’une déficience cognitive légère. Cette précision est passée à 87 % en combinant ces données avec l’âge, les résultats des tests et les facteurs génétiques.

« Nous avons pu déterminer plus précisément qui avait développé des problèmes cognitifs en utilisant un dispositif de suivi des données GPS plutôt qu’en utilisant uniquement l’âge, les tests de mémoire ou les facteurs génétiques », a déclaré le chercheur Babulal.

Cette étude souligne l’importance de surveiller les changements subtils dans le comportement quotidien, même avant l’apparition de troubles de la mémoire. Les signes à surveiller incluent une diminution du nombre de déplacements par mois, une réduction de la conduite nocturne et une moindre variété des itinéraires.

« L’observation du comportement de conduite quotidien est un moyen relativement simple et discret d’évaluer les capacités cognitives », explique Babulal. Cette approche permet d’identifier les conducteurs à risque avant qu’ils ne soient impliqués dans des accidents et offre la possibilité d’une prise en charge précoce.

La Société allemande Alzheimer rappelle que l’aptitude à conduire est souvent préservée au début de la démence, mais qu’elle diminue progressivement avec la progression de la maladie. Un test de conduite réalisé par un professionnel qualifié, comme un moniteur d’auto-école, peut fournir une évaluation objective de l’aptitude à conduire. L’ADAC propose des bilans d’aptitude à la conduite ainsi que des conseils et des formations à la sécurité routière pour les conducteurs âgés.

Les experts recommandent également un examen médical régulier pour évaluer l’aptitude à conduire et informer les patients de tout risque potentiel. En cas de doute, les proches peuvent se poser la question suivante : « Est-ce que je laisserais mon enfant ou mon petit-enfant monter dans la voiture avec cette personne ? » Si la réponse est négative, il est important d’insister pour que la personne arrête de conduire.

Selon la Société allemande Alzheimer, des troubles de la vision, souvent détectés pour la première fois au volant, peuvent également être un signe précoce de démence. De même, certains comportements pendant le sommeil peuvent également être un indicateur précoce de la maladie.

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