Publié le 2 janvier 2026. Le chef du Parti communiste chinois, Xi Jinping, a réaffirmé la nécessité d’une lutte incessante contre la corruption, tout en exprimant des inquiétudes quant à la préservation de l’idéologie du parti. Des observateurs à Hong Kong anticipent l’arrestation de hauts responsables, dont un possible « tigre géant » au sein de l’appareil d’État.
- Xi Jinping insiste sur la poursuite d’une politique anti-corruption rigoureuse.
- Des médias hongkongais évoquent l’imminence de nouvelles purges de hauts fonctionnaires.
- Ma Xingrui, un proche collaborateur de Xi Jinping, est pressenti comme une cible potentielle.
Dans un article publié le 1er janvier 2026 par le magazine Qiushi, organe officiel du Comité central du Parti communiste chinois, Xi Jinping a souligné l’importance de maintenir une « posture anti-corruption de haute pression » et de ne jamais « céder un pas » dans cette lutte. Il a également insisté sur le renforcement de l’endoctrinement idéologique au sein du parti, afin de « garantir que le pays rouge ne change jamais de couleur ».
Le quotidien hongkongais pro-pékin Sing Tao Daily a interprété ce discours comme un signal de l’intensification de la campagne anti-corruption, prédisant l’émergence de « tigres géants » – des hauts fonctionnaires corrompus – dans les mois à venir. L’article souligne que, après une vague d’arrestations dans l’armée, les cibles potentielles se concentrent désormais au sein du Politburo.
Selon les chiffres officiels, 65 cadres supérieurs (principalement aux niveaux provincial et ministériel) ont été sanctionnés en 2025, un nombre supérieur aux 58 cas enregistrés en 2024. Ce bilan ne comprend pas les généraux de haut rang limogés, comme He Weidong, ancien vice-président de la Commission militaire centrale.
Li Linyi, un commentateur politique, estime que Ma Xingrui, membre du Politburo, pourrait être le prochain « tigre géant » à tomber. Il explique que les hauts responsables récemment mis à l’écart, tels que He Weidong et Miao Hua, ont tous été promus par Xi Jinping et font partie de son cercle rapproché. Ma Xingrui, en particulier, entretient des liens étroits avec le président chinois et sa famille, et son passé professionnel est lié au secteur industriel militaire, ainsi qu’aux autorités du Guangdong et du Xinjiang.
Le 1er juillet 2025, les autorités du Parti communiste chinois ont annoncé la nomination de Chen Xiaojiang au poste de secrétaire du Xinjiang, en remplacement de Ma Xingrui, dont le transfert vers une « autre fonction » n’a pas été précisé. Depuis lors, Ma Xingrui a été absent de plusieurs événements importants du parti, suscitant des rumeurs sur son sort.
Jiang Mingzheng, un analyste des médias indépendants, anticipe que Ma Xingrui pourrait être le premier haut responsable à être visé par une enquête en 2026.
Li Linyi souligne que l’insistance de Xi Jinping sur le renforcement de l’endoctrinement idéologique révèle sa crainte profonde de perdre le pouvoir. Il cherche à préserver le parti, mais se sent de plus en plus vulnérable.
Xi Jinping a également affirmé que la lutte contre la corruption et le développement économique et social sont indissociables, une déclaration interprétée par les médias hongkongais comme une réfutation de l’idée que la campagne anti-corruption nuit à l’économie.
Yuan Hongbing, un universitaire australien spécialiste du système du Parti communiste chinois, a déclaré que Xi Jinping est contraint de se lancer dans une « auto-révolution » et de purger son propre entourage. Il évoque une « anxiété extrême » au sein du cercle rapproché de Xi Jinping, suite aux cas de déloyauté de Miao Hua et He Weidong. Il souligne que l’idéologie communiste est en crise et que de nombreux responsables du parti ne croient plus au système.
Du Zheng, un commentateur indépendant, a écrit que le Parti communiste chinois est entré dans une phase de déclin irréversible, et que Xi Jinping a pris des risques considérables en promouvant des responsables qui ont finalement sapé son autorité.
Rédacteur en chef : Lin Congwen#