Publié le 3 janvier 2026 à 05h00. Une jeune Américaine de 22 ans a bâti un empire numérique en exploitant l’intelligence artificielle pour créer des vidéos YouTube à faible coût, générant plus de 700 000 dollars américains par an, mais cette manne pourrait être de courte durée face aux nouvelles restrictions de la plateforme.
- Adavia Davis, une ancienne étudiante, gagne entre 40 000 et 60 000 dollars américains par mois grâce à des chaînes YouTube automatisées.
- La technique repose sur l’outil TubeGen AI, qui permet de produire des vidéos à très faible coût (60 dollars pour 6 heures de contenu).
- YouTube prévoit de limiter la monétisation des contenus générés massivement par l’IA, ce qui pourrait mettre fin à ce modèle économique d’ici 2027.
Adavia Davis, 22 ans, a abandonné ses études à l’Université d’État du Mississippi en 2020 pour se consacrer à la création de contenu en ligne. Elle a rapidement découvert le potentiel de l’intelligence artificielle pour automatiser la production de vidéos YouTube, un modèle qu’elle a baptisé « AI slop » (littéralement, « déchets de l’IA »). Cette approche lui permet de générer un revenu mensuel substantiel, estimé entre 40 000 et 60 000 dollars américains (environ 312 000 à 468 000 HKD), tout en consacrant seulement deux heures par jour à la supervision des opérations.
Le secret de son succès réside dans l’outil TubeGen AI, développé en collaboration avec son partenaire, Eddie Eizner. Ce système automatise l’ensemble du processus de production vidéo, de la rédaction du script à la création des visuels et à l’enregistrement de la narration. Le coût de production d’une vidéo de six heures est estimé à seulement 60 dollars américains (environ 468 HKD), la principale dépense étant les frais de fonctionnement de l’équipe, qui s’élèvent à environ 6 500 dollars américains par mois (environ 50 700 HKD).
Adavia Davis ne se contente pas de produire du contenu, elle optimise également sa diffusion. Elle utilise des techniques de manipulation pour maximiser l’exposition de ses vidéos, comme l’ajout de fautes de frappe intentionnelles dans les premières secondes ou la modification de la durée de visionnage, un indicateur clé pour déterminer les revenus publicitaires.
Son portefeuille comprend actuellement cinq chaînes actives, couvrant des thématiques variées : des vidéos pour enfants sur Minecraft, des compilations d’animaux amusants, des farces, des clips d’animation, des extraits de films Bollywood et des potins sur les célébrités. Sa chaîne la plus rentable est « Boring History », qui propose des documentaires historiques d’une durée de six heures, avec une narration imitant le style de David Attenborough.
Le concept d’« AI slop » se définit comme une quantité massive de contenu numérique de faible qualité, généré par l’IA dans le but de minimiser les coûts et les efforts. Ces vidéos sont souvent répétitives et manquent d’originalité, mais elles ont déjà accumulé plus de 63 milliards de vues et 221 millions d’abonnés, générant environ 117 millions de dollars américains par an (environ 912,6 millions de HKD).
Face à la prolifération de ce type de contenu, YouTube a annoncé une mise à jour de sa politique du Programme Partenaire YouTube (YPP) en juillet 2025. Cette nouvelle politique vise à limiter la monétisation des vidéos produites en masse et de manière répétitive par l’IA, afin de préserver l’expérience utilisateur et la réputation de la plateforme.
YouTube précise qu’il ne s’agit pas d’une interdiction totale du contenu généré par l’IA, mais plutôt d’une restriction de la monétisation pour les contenus qui manquent d’originalité, qui s’appuient trop sur l’automatisation et qui ne présentent pas une réelle valeur ajoutée créative. Les créateurs qui utilisent l’IA pour améliorer leur contenu peuvent toujours générer des revenus publicitaires, à condition que leur travail reste authentique et original.
Adavia Davis estime que le temps presse pour les créateurs individuels qui souhaitent encore tirer profit de l’IA sur YouTube. Elle anticipe que ce modèle économique pourrait disparaître d’ici 2027, avec l’arrivée de grandes entreprises médiatiques disposant de capitaux importants et capables de produire du contenu à grande échelle. Une étude récente a révélé que 104 des 500 premières vidéos recommandées par un nouveau compte YouTube étaient du contenu spam généré par l’IA, ce qui témoigne de son intégration profonde dans les algorithmes de la plateforme.
Source: Fortune