Publié le 4 janvier 2026 à 16h00. Les dispositifs connectés, longtemps associés au sport et à la santé, pourraient bien connaître une nouvelle vocation : devenir la plateforme privilégiée pour l’intelligence artificielle, une transformation encouragée par les géants de la technologie et alimentée par la conviction que le smartphone tel que nous le connaissons est en voie de disparition.
- Les lunettes connectées, notamment celles développées par Meta, se positionnent comme un format prometteur pour l’intégration de l’IA.
- De nombreux acteurs, des start-up aux grandes entreprises comme Amazon et Google, investissent dans des dispositifs portables dotés d’IA, allant des pendentifs aux anneaux connectés.
- L’IA s’invite également dans les appareils existants, tels que les montres connectées et les écouteurs, avec des fonctionnalités d’analyse de données et de traduction instantanée.
Après des décennies à chercher un successeur au smartphone, l’industrie technologique explore de nouvelles pistes. Si les verres connectés semblent prendre de l’avance, de nombreuses initiatives sont en cours, allant au-delà de la simple recherche du prochain format gagnant. L’objectif est désormais de concevoir des dispositifs répondant à des besoins encore mal définis, là où le smartphone a atteint ses limites.
Le Consumer Electronics Show (CES) 2025 a mis en lumière une nouvelle génération de lunettes « intelligentes » (un terme que certains préfèrent désormais remplacer par « avec IA »), promettant des expériences immersives et mains libres. Meta semble avoir pris une longueur d’avance dans ce domaine, avec un produit qui a su séduire le public. Mark Zuckerberg a d’ailleurs affirmé que les lunettes sont le format idéal pour l’intelligence artificielle, considérant l’IA comme le nouveau « métavers » pour son entreprise.
Les lunettes offrent un avantage certain : une interface discrète et pratique pour accéder à la multimodalité, combinant la vision grâce à leurs verres et l’écoute grâce à leurs microphones et haut-parleurs intégrés. Que ce soient les lunettes de Meta ou celles de Google, ces nouveaux dispositifs ne ressemblent plus aux prototypes encombrants du passé. Ils sont conçus pour être portés toute la journée et pour interagir de manière transparente avec l’IA.
Mais les lunettes ne sont pas les seuls acteurs de cette révolution. D’autres gadgets, conçus pour être portés en permanence, entrent dans la danse : le bracelet Bee AI, les pendentifs LimitLess, l’anneau Flux, ou encore le Plaud NotePin, qui se présente sous la forme d’une capsule pouvant être fixée au poignet, au cou ou même à un vêtement. Ces initiatives n’ont pas échappé aux grandes entreprises, qui ont investi massivement : Amazon a acquis Bee AI cet été, tandis que Meta a fait de même avec LimitLess il y a quelques semaines seulement.
L’IA s’invite également dans les appareils existants. Samsung et Google ont intégré Gemini à leurs montres WearOS, Garmin propose un abonnement premium avec analyse basée sur l’IA pour ses montres, Fitbit teste un coach d’IA, tout comme Apple avec sa Watch ou la traduction instantanée sur les AirPods. Même les anneaux Oura disposent de leur propre conseiller en IA.
L’enjeu est de taille : pour que ces assistants IA soient réellement performants et offrent une valeur ajoutée par rapport au smartphone, ils doivent collecter une grande quantité de données sur l’utilisateur. Et il n’y a pas de meilleur moyen d’y parvenir que de porter un appareil en permanence, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Une perspective qui peut susciter des inquiétudes, mais qui est indéniablement au cœur de cette nouvelle tendance.
Si le format qui s’imposera reste incertain, et si ces dispositifs parviendront à dépasser le succès du smartphone (malgré son omniprésence actuelle), deux faits sont indéniables : une véritable course à l’hégémonie de l’IA est en cours entre les géants de la technologie, et l’industrie considère les dispositifs portables comme le vecteur idéal pour la mettre en œuvre.
Couverture | Javier Lacort et Applesfera
