Publié le 4 janvier 2026 16:44:00. Alors que Nicolás Maduro est détenu aux États-Unis, l’administration Trump semble privilégier une approche pragmatique pour le Venezuela, misant sur une collaboration avec la vice-présidente Delcy Rodríguez, au détriment de l’opposition démocratique.
- L’administration Trump envisage de collaborer avec Delcy Rodríguez, la vice-présidente de Maduro, pour faciliter la reprise du secteur pétrolier vénézuélien.
- María Corina Machado, figure de proue de l’opposition, a été publiquement écartée par Donald Trump, qui a minimisé son influence politique.
- Des sources indiquent que l’administration américaine a été impressionnée par le style de leadership axé sur les résultats de Delcy Rodríguez.
La conférence de presse de Donald Trump concernant le Venezuela, samedi dernier, a été frappante par son absence de considération pour les principes démocratiques. Le sort de Nicolás Maduro, arrêté et transféré aux États-Unis dans des conditions musclées, n’a pas semblé motiver une quelconque défense de la légitimité démocratique. Au contraire, l’administration américaine semble prête à passer des arrangements avec le régime en place.
Cette attitude se traduit par un refroidissement des relations avec l’opposition vénézuélienne. María Corina Machado, prix Nobel de la paix, a été accueillie avec une froideur déconcertante par Trump, qui a déclaré la qualifier de « femme très gentille », mais estimant qu’elle « n’avait ni soutien ni respect dans le pays ». Machado a néanmoins tenté de s’aligner sur la position du président américain, allant jusqu’à reprendre ses affirmations concernant le vol des élections présidentielles américaines de 2020. Vidéo de la conférence de presse.
L’ancien diplomate Edmundo González, allié de Machado et largement considéré comme le vainqueur des élections de 2024, n’a même pas été mentionné par Trump lors de sa conférence de presse. Selon plusieurs médias américains, l’administration américaine aurait pris la décision, il y a quelques semaines, de soutenir Delcy Rodríguez comme figure de transition.
Outre son poste de vice-présidente, Delcy Rodríguez a également occupé les fonctions de ministre des Finances et du Pétrole. Des sources à Washington expliquent que l’administration américaine a été séduite par son approche pragmatique et son efficacité.
« Je suis sa carrière depuis longtemps, donc j’ai une idée de qui elle est », a confié une source haut placée au New York Times. « Je ne dis pas qu’elle constitue une solution permanente aux problèmes du pays, mais c’est certainement une personne avec qui nous pouvons travailler. »
Source anonyme, New York Times
L’entourage de Trump semble considérer Rodríguez comme une technocrate capable de faciliter la reprise du secteur pétrolier vénézuélien, permettant aux compagnies américaines de récupérer des ressources qu’elles considèrent comme ayant été « volées » par les régimes socialistes précédents. Le président a d’ailleurs annoncé que le secrétaire d’État Marco Rubio avait eu un entretien téléphonique avec elle.
« Elle a eu une conversation avec Marco. Elle a dit “nous ferons tout ce dont vous avez besoin”. Je pense qu’elle était très polie. Nous allons procéder de la bonne manière. »
Donald Trump, Président des États-Unis
Cependant, des informations récentes suggèrent que les assurances de coopération de Delcy Rodríguez pourraient être trompeuses. Au cours des dernières 24 heures, elle est apparue à plusieurs reprises à la télévision vénézuélienne, condamnant fermement l’opération militaire américaine contre Maduro et réaffirmant son soutien à ce dernier en tant que président légitime du pays.
« Nous ne serons plus jamais une colonie », a-t-elle déclaré lors d’une de ses apparitions, s’adressant clairement à Washington.
Delcy Rodríguez, Vice-présidente du Venezuela
Elle était accompagnée du ministre de l’Intérieur Diosdado Cabello, également accusé aux États-Unis de « narcoterrorisme ». L’image d’une technocrate « apolitique » s’éloigne donc de la réalité. Rodríguez est plutôt perçue comme une figure de pouvoir déterminée, profondément ancrée dans l’idéologie chaviste, héritage de l’ancien président Hugo Chávez.
Elle n’a jamais dénoncé les méthodes brutales employées par le régime de Maduro contre ses opposants, notamment les escadrons de la mort responsables de la mort de dizaines de milliers de Vénézuéliens.
Il est possible que Delcy Rodríguez choisisse finalement de coopérer avec les États-Unis, sous la pression des circonstances. L’utilisation de complices de régimes autoritaires comme dirigeants de transition n’est pas sans précédent dans l’histoire, mais son acceptation par la communauté internationale reste problématique. Pour Trump, la priorité semble être la lutte contre le trafic de drogue, la sécurisation des approvisionnements pétroliers et le contrôle des flux migratoires, au détriment de toute considération démocratique. L’objectif est que le Venezuela se conforme à ses volontés, quitte à sacrifier l’établissement d’une véritable démocratie.
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