Publié le 4 janvier 2026. L’épargne des ménages allemands atteint des sommets historiques, dépassant les 10 000 milliards d’euros, portée par l’incertitude économique et les performances boursières, mais cette richesse reste inégalement répartie.
- Les actifs financiers des ménages allemands s’élèvent à plus de 10 000 milliards d’euros (10 000 000 000 000 €).
- L’épargne est motivée par les inquiétudes liées à l’emploi et à l’inflation, malgré une baisse du taux d’épargne prévue pour 2025.
- La répartition de cette richesse est très inégale, les 10 % les plus riches détenant environ la moitié des actifs financiers.
Les ménages allemands continuent d’accumuler des richesses à un rythme soutenu. Selon les estimations, leur patrimoine financier total dépasse désormais la barre symbolique des 10 000 milliards d’euros, un chiffre record. Cette accumulation est alimentée par une combinaison de facteurs, notamment une propension à l’épargne traditionnellement élevée et des performances positives des marchés boursiers ces dernières années.
La DZ Bank prévoit une augmentation de 6 % des actifs financiers nominaux en 2025, soit près de 600 milliards d’euros supplémentaires, portant le total à 10 030 milliards d’euros. Bien que l’économiste Michael Stappel anticipe un ralentissement de la croissance des marchés boursiers et une légère diminution du taux d’épargne en 2026, il estime que l’épargne globale des ménages restera à un niveau élevé. Selon ses projections, les actifs financiers privés pourraient atteindre 10 500 milliards d’euros en 2026, soit une augmentation de 5 %.
L’incertitude économique et les préoccupations concernant l’emploi jouent un rôle majeur dans cette tendance à l’épargne. De nombreux Allemands préfèrent différer leurs achats et mettre de l’argent de côté, ce qui se traduit par un taux d’épargne élevé, même selon les normes internationales. L’Office fédéral de la statistique indique que le taux d’épargne devrait légèrement diminuer en 2025 par rapport à l’année précédente, mais restera néanmoins supérieur à la moyenne.
Un paradoxe notable est que les Allemands ont tendance à conserver une part importante de leur épargne sur des comptes courants à faible taux d’intérêt, ce qui entraîne une perte de pouvoir d’achat en raison de l’inflation. À l’inverse, aux États-Unis, les investisseurs sont plus enclins à placer leur argent sur les marchés boursiers.
En 2025, ceux qui ont pris le risque d’investir en bourse ont pu profiter d’une troisième année consécutive de forte hausse des cours. La DZ Bank estime que l’augmentation de la valeur des actions et des fonds a contribué à hauteur de 290 milliards d’euros à la création de richesse des ménages privés.
Cependant, il est crucial de souligner que cette richesse n’est pas répartie équitablement. Selon les données de la Bundesbank, les 10 % les plus riches des ménages allemands détiennent environ la moitié des actifs financiers, tandis que les 20 millions de ménages les plus modestes ne représentent que 8 % du total. Cette disparité s’explique en partie par le fait que les ménages les plus aisés investissent davantage en actions et en fonds que les ménages les plus pauvres.
Les chiffres officiels concernant l’évolution des actifs financiers des ménages privés allemands au dernier trimestre de 2025 seront publiés par la Deutsche Bundesbank à la fin du mois d’avril. Ces analyses prendront en compte les liquidités, les dépôts bancaires, les titres (actions, fonds) et les créances envers les compagnies d’assurance, mais excluront l’immobilier.
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