Publié le 5 janvier 2024 à 06:22:00. Les services d’urgence des hôpitaux de Bari sont actuellement sous tension face à une recrudescence de la grippe, touchant principalement les personnes âgées et les individus fragilisés. Le directeur médical de la Polyclinique de Bari dénonce un système de soins dépassé et appelle à une refonte globale de l’organisation des soins de proximité.
- La vague de grippe actuelle surcharge les hôpitaux de Bari, en particulier les services d’urgence.
- Danny Sivo, directeur médical de la Polyclinique de Bari, critique le fait que le débat se concentre uniquement sur les conséquences de la surpopulation hospitalière, sans aborder les causes profondes.
- Une réforme complète de l’assistance locale est jugée nécessaire pour adapter le système de santé au vieillissement de la population et à l’évolution des pathologies.
La situation dans les hôpitaux de Bari est tendue. Les services d’urgence sont confrontés à un afflux important de patients, principalement des personnes âgées et souffrant de pathologies chroniques multiples. Danny Sivo estime qu’il est injuste de se focaliser uniquement sur les difficultés rencontrées par les équipes médicales, sans remettre en question le modèle de soins actuel.
Selon le Dr Sivo, les services d’urgence ont été amenés à absorber des missions qui relèvent normalement des médecins de famille et des structures de soins de proximité.
« Je crois que les autorités sanitaires locales et les polycliniques font ce qu’elles peuvent pour garantir un service qui, cependant, avouons-le, n’est plus aujourd’hui « seulement » une salle d’urgence ayant effectivement absorbé les activités de type territorial ou des soi-disant médecins de famille ; le PS, d’ailleurs et à juste titre, est toujours là et ne peut manquer de réagir. Si tout le monde va ensuite au PS (parce qu’il n’y a pas d’alternative) il n’y a pas d’organisation qui puisse tenir et il y a un risque de « tilt ». »
Danny Sivo, directeur médical de la Polyclinique de Bari
Il souligne la nécessité d’une réforme en profondeur de l’assistance locale, conformément aux recommandations formulées après la crise sanitaire de la Covid-19, mais qui sont restées largement inappliquées. Le système de santé actuel, conçu il y a cinquante ans, ne répond plus aux besoins d’une population vieillissante et confrontée à des pathologies de plus en plus complexes. Les urgences ne sont plus principalement liées à des traumatismes, mais à la gestion de maladies chroniques chez les personnes âgées.
Le Dr Sivo insiste sur l’importance d’une meilleure répartition des tâches entre les différents acteurs du système de santé. Il reconnaît la surcharge de travail des médecins généralistes, mais estime qu’une plus grande implication de ces derniers dans le réseau de soins est indispensable.
« Je sais que les médecins généralistes sont également surchargés, mais je crois que ce modèle « d’accord » avec le Service national de santé est révolu et qu’une plus grande implication de ceux-ci dans le réseau de santé est une bonne chose et ne peut plus être reportée. »
Danny Sivo, directeur médical de la Polyclinique de Bari
Il dénonce également la résistance au changement au sein du système de santé et plaide pour que les intérêts des patients soient prioritaires sur ceux des personnels.
Enfin, le Dr Sivo critique le rôle des établissements privés, autorisés à réaliser des activités avec des fonds publics sans être tenus d’assurer la prise en charge des urgences. Il estime qu’une meilleure coordination entre le secteur public et le secteur privé est nécessaire pour garantir un accès équitable aux soins pour tous.