Publié le 5 janvier 2024 à 21h30. Les États-Unis ont revu à la baisse leur calendrier vaccinal pour les enfants, passant de 17 à 11 vaccins recommandés pour tous, une décision qui suscite de vives critiques de la part de la communauté médicale.
- Le nouveau calendrier, publié par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), inclut les vaccins essentiels contre la polio et la rougeole.
- D’autres vaccins, comme ceux contre l’hépatite A et B, ainsi que celui contre la Covid-19, seront désormais recommandés en fonction des risques individuels et d’une décision partagée entre médecins et parents.
- L’Académie américaine de pédiatrie dénonce une mesure « dangereuse et inutile », tandis que le secrétaire à la Santé, Robert F. Kennedy Jr., justifie cette refonte par un alignement sur les standards internationaux et un renforcement de la transparence.
Cette révision du calendrier vaccinal marque un tournant majeur dans la politique de santé publique américaine. Les CDC ont justifié cette décision en comparant les recommandations actuelles aux pratiques de 20 pays développés, constatant que les États-Unis étaient une « exception mondiale » en termes de nombre de maladies couvertes et de doses administrées. Le ministère de la Santé et des Services sociaux a précisé que cette analyse a conduit à une simplification du calendrier, tout en maintenant une protection adéquate contre les maladies infectieuses.
Le nouveau calendrier de vaccination universel comprend désormais les vaccins contre la rougeole, les oreillons, la rubéole (souvent administrés en un seul vaccin combiné), la poliomyélite, la coqueluche, le tétanos, la diphtérie, l’Haemophilus influenzae de type B (Hib), la maladie pneumococcique, le virus du papillome humain (VPH) et la varicelle. Une seconde catégorie de vaccins est désormais recommandée en fonction des facteurs de risque de chaque enfant, notamment contre le virus respiratoire syncytial (VRS), l’hépatite A, l’hépatite B, la dengue, ainsi que contre les méningocoques ACWY et B, qui protègent contre la méningite.
Enfin, la vaccination contre la Covid-19, la grippe et le rotavirus est laissée à la discrétion des parents et des médecins. Robert F. Kennedy Jr. a défendu cette approche, affirmant que la refonte a été menée « après un examen exhaustif » et qu’elle vise à « protéger les enfants, respecter les familles et rétablir la confiance dans la santé publique ». Il a ajouté :
« Nous alignons le calendrier américain de vaccination des enfants sur le consensus international tout en renforçant la transparence et le consentement éclairé. »
Robert F. Kennedy Jr., secrétaire à la Santé
Pour l’heure, la couverture par les assurances des vaccins encore recommandés est garantie jusqu’à fin 2025. Cette annonce intervient quelques semaines après une première modification des recommandations concernant le moment d’administrer le premier vaccin contre l’hépatite B, reporté à deux mois après la naissance si la mère est testée négative pour cette maladie. Cette décision avait déjà suscité de vives critiques de la part des pédiatres, l’Académie américaine de pédiatrie la qualifiant de « geste dangereux qui nuira aux enfants ».
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