L’année 2025 a laissé des traces, mais 2026 s’annonce encore plus incertaine, notamment après les événements de ce week-end. Alors que l’économie mondiale est à la croisée des chemins, plusieurs indicateurs clés méritent une attention particulière. Voici un aperçu des principaux enjeux à surveiller.
Tarifs douaniers : vers un revirement ? La Cour suprême américaine doit se prononcer prochainement sur la légalité de l’utilisation par l’administration Trump de pouvoirs d’urgence pour imposer des droits de douane à l’échelle nationale. Les marchés parient désormais, avec une probabilité de 70 à 80 %, que le président actuel perdra ce litige. La Maison Blanche semble d’ailleurs se préparer à cette éventualité.
Si la Cour annule cette politique, les droits de douane « réciproques » disparaîtraient, ramenant le taux moyen d’environ 16 à 17 % à moins de 10 %. Une telle décision provoquerait une ruée vers les demandes de remboursement. La réaction du président sera alors déterminante. Une intervention au Venezuela, bien que risquée pour son électorat républicain, pourrait signaler une volonté de renforcer les politiques centrales de son programme. Cependant, sans la possibilité de recourir à des pouvoirs d’urgence, ses options en matière de tarifs douaniers deviendraient plus limitées.
Une solution temporaire pourrait consister en un droit de douane général de 15 % sur toutes les importations, mais seulement pour une période de 150 jours. Des tarifs sectoriels plus durables nécessiteraient des enquêtes approfondies, qui, selon les experts, seraient préjudiciables. Le président cherchera quoi qu’il en soit à maintenir les recettes douanières afin de convaincre le Congrès de ses promesses de « réductions d’impôts grâce aux tarifs ». Néanmoins, avec une popularité en baisse à l’approche des élections de mi-mandat et des allègements fiscaux déjà accordés sur certains produits alimentaires, des réductions tarifaires plus larges ne peuvent être exclues, quelle que soit la décision de la Cour suprême.
La Réserve fédérale sous pression L’autre grand enjeu concerne la politique monétaire américaine. Le choix du prochain président de la Réserve fédérale (Fed) est imminent, et Kevin Warsh, ancien gouverneur de la Fed, est désormais légèrement favori face à Kevin Hassett, directeur du Conseil économique national, selon le site de paris PredictIt.
Quel que soit le nominé, il est important de rappeler que le président ne dispose que d’une voix sur douze. Les gouverneurs nommés par l’administration précédente, Bowman et Waller, n’ont pas soutenu les appels à des baisses de taux drastiques. De plus, les douze présidents régionaux de la Fed ont été reconduits dans leurs fonctions le mois dernier, sans contestation, malgré les craintes d’une politisation accrue de la banque centrale. Une nomination ne garantit donc pas une politique monétaire plus souple, mais pourrait signaler une approche plus interventionniste, estime James Knightley.
L’audience de la Cour suprême, prévue le 21 janvier, sur la possibilité pour le président de destituer la gouverneure Lisa Cook, sera également cruciale. Une décision défavorable à Cook pourrait ouvrir la voie à des licenciements plus importants et à une Fed potentiellement plus politisée. Dans le cas contraire, la composition de la Fed restera inchangée jusqu’en 2028, date de la fin du mandat de Jerome Powell, sauf départ anticipé.
Chômage aux États-Unis : le spectre de la récession La « règle de Sahm », qui prédit généralement une récession lorsque le taux de chômage augmente de plus d’un demi-point de pourcentage par rapport à son plus bas niveau sur 12 mois, est également à surveiller. En 2024, une brève hausse due à l’immigration s’est avérée une fausse alerte. Cependant, la situation a changé.
L’immigration nette s’effondre, passant de 2,8 millions en 2024 à 0,4 million en 2025 et 0,6 million cette année, selon le Congressional Budget Office (CBO). Cela pourrait expliquer la faiblesse des chiffres de croissance mensuels, mais pas la hausse du chômage. Les signes d’un affaiblissement de la demande de main-d’œuvre s’accumulent : les enquêtes auprès des consommateurs montrent que la plupart s’attendent à une augmentation du chômage, et les récentes hausses de salaires se concentrent sur seulement trois secteurs. Les chiffres de vendredi seront donc déterminants. La plupart des analystes s’attendent à un retour du taux de chômage à 4,5 % à mesure que les distorsions post-pandémie s’estompent. Mais si ce n’est pas le cas, la règle de Sahm pourrait se révéler un signal d’alarme.
L’industrie européenne : un regain d’espoir ? Le secteur manufacturier européen, confronté à la concurrence croissante de la Chine et à sa surcapacité, pourrait connaître un redressement. Les indices PMI, bien qu’inférieurs à 50, ont généralement augmenté jusqu’en 2025, et la confiance des industriels de la Commission européenne s’est améliorée. La baisse des prix de l’énergie devrait renforcer cette tendance, les experts prévoyant des prix stables en dessous de 60 dollars le baril, malgré les événements récents.
Les mesures gouvernementales, telles que les subventions allemandes pour les prix de l’énergie, et le Fonds de relance et de résilience post-Covid, dont seulement la moitié avait été dépensée à la fin de 2024, devraient également stimuler la croissance, en particulier en Espagne et en Italie. Ces facteurs combinés devraient permettre à la Banque centrale européenne (BCE) de maintenir sa position actuelle, et aucune nouvelle baisse des taux n’est attendue cette année.
Inflation en Europe : la situation s’améliore L’inflation en Europe est en baisse, et cette tendance devrait se poursuivre. La baisse des prix de l’énergie et des ingrédients clés y contribue. Seule la Grande-Bretagne fait exception, avec une inflation des supermarchés plus élevée que dans le reste de l’Europe occidentale et des pays d’Europe centrale et orientale. Les hausses d’impôts et du salaire minimum national ont amplifié l’impact de la hausse des coûts sur les consommateurs britanniques. Cependant, il est peu probable que cette situation persiste, compte tenu du refroidissement du marché du travail et de la baisse de la croissance des salaires. La Banque d’Angleterre a donc encore du travail.
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