Après un mois de fermeture due aux affrontements frontaliers avec le Cambodge, les écoles des provinces du nord-est de la Thaïlande ont rouvert leurs portes lundi, permettant à des milliers d’élèves de reprendre le chemin de l’école. Le retour en classe s’accompagne de mesures de sécurité renforcées et d’un soulagement palpable chez les parents et les enseignants.
Dans le district de Lahan Sai, province de Buri Ram, l’école Ban Kok Fuang affichait un taux de présence de 95 % parmi les élèves de maternelle et de primaire. La directrice, Pusita Naradee, a toutefois souligné que certains parents restaient prudents et attendaient de voir comment la situation évoluait avant de confier leurs enfants à nouveau à l’établissement. Des exercices de sécurité ont été mis en place pour préparer les élèves à réagir en cas d’urgence.
« En cas d’urgence, ils ne paniqueront pas, ils peuvent suivre la formation sur la sécurité », a expliqué Mme Naradee.
Un peu plus au nord, dans le district de Ban Kruat, l’enseignant Prapassorn Sangkomol a constaté le retour d’environ 80 % de ses élèves, visiblement heureux de retrouver leurs camarades et leurs professeurs. Sasima Khumsuwan, 52 ans, exprimait sa joie de voir sa nièce reprendre ses études, tout en exprimant son inquiétude quant à une éventuelle reprise des hostilités.
« Elle ne voulait pas que les combats reprennent, elle s’inquiétait davantage de l’éducation des enfants », a-t-elle confié, précisant que sa nièce, en première année, n’avait pas encore acquis les bases de l’alphabétisation.
La reprise des activités scolaires a également eu un impact positif sur l’économie locale. Dans la province de Si Sa Ket, les vendeurs de nourriture du district de Kantharalak ont salué le retour des élèves, des parents et des fonctionnaires, leurs principaux clients, après une fermeture de plus de trois semaines, depuis le 7 décembre. Kachornsak Leeratanacharoen, un vendeur de bâtonnets de pâte, a déclaré avoir vécu dans un refuge depuis cette date, mais constatait une nette amélioration de l’atmosphère lundi.
Supansa Promlok, 43 ans, conductrice de minibus scolaire, a partagé cette satisfaction, tout en avouant qu’elle restait préoccupée par la situation à la frontière.
Dans le district de Kantharalak, l’école Phum Saron a accueilli environ 90 % de ses élèves. Son directeur, Tosaporn Khamplew, a insisté sur l’importance de renforcer le moral et la sécurité des élèves et du personnel, rappelant que l’établissement avait été touché à plusieurs reprises par des tirs d’artillerie cambodgiens depuis février 2011 et que les procédures d’évacuation étaient toujours en vigueur.
À l’école Ban Dan, dans le district de Kap Choeng, province de Surin, les élèves ont participé à un nettoyage des locaux avant de se rassembler pour une assemblée matinale. Un moment de silence a été observé en hommage aux soldats qui ont perdu la vie en protégeant les habitants et leurs écoles. Le directeur, Dechopol Chonlathee, a annoncé le retour de tous les enseignants et d’environ 80 % des élèves, après avoir trouvé refuge ailleurs pendant les combats.
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