Publié le 01/06/2026 à 12h09. Des chercheurs de l’Université d’Oldenbourg explorent une voie innovante pour transformer les déchets organiques – des résidus de jardin aux algues – en bioplastiques durables, avec un financement de 2,7 millions d’euros du ministère fédéral de la Recherche.
- L’Université d’Oldenbourg développe une technologie pour produire du polybutylène succinate (PBS), un bioplastique entièrement biodégradable, à partir de déchets organiques.
- Le projet « EcoPBS » vise à créer une alternative rentable et économe en énergie aux plastiques conventionnels, applicable dans des domaines variés tels que la médecine, l’automobile et l’emballage.
- Les chercheurs optimisent des processus de fermentation et de raffinage pour obtenir un PBS entièrement biosourcé et recyclable.
Un nouveau groupe junior de l’Université d’Oldenbourg s’attaque à un défi majeur : produire du plastique entièrement biodégradable à partir de ressources renouvelables. L’équipe, dirigée par la chimiste Dr. Melanie Walther, ambitionne de combiner des approches écologiques et pratiques pour développer une technologie performante et respectueuse de l’environnement. Le projet « EcoPBS » bénéficie d’un financement conséquent de 2,7 millions d’euros du ministère fédéral de la Recherche (BMFTR).
« Les travaux de ce nouveau groupe de recherche visent à offrir une alternative industrielle au plastique conventionnel en utilisant des plastiques fabriqués à partir de matières premières renouvelables », a déclaré le professeur Ralph Bruder, président de l’Université d’Oldenbourg. « L’investissement du BMFTR témoigne de l’excellence de notre infrastructure de recherche dans ce domaine et du potentiel d’« EcoPBS » pour une économie circulaire respectueuse de l’environnement et du climat. »
Le PBS, un bioplastique prometteur, possède des propriétés mécaniques comparables à celles du polypropylène et du polyéthylène, tout en étant facilement biodégradable. Cependant, la production d’un matériau entièrement biosourcé et recyclable représente un obstacle majeur. Les procédés de fabrication actuels ne sont pas encore adaptés à une production industrielle à grande échelle. « Un rendement élevé nécessite des micro-organismes faciles à cultiver et suffisamment stables pour survivre dans des processus d’ingénierie peu coûteux et à faible consommation d’énergie », explique Dr. Walther.
Le projet « EcoPBS » s’articule autour de trois axes de recherche principaux. Tout d’abord, l’optimisation du processus de fermentation, en testant différentes souches de micro-organismes pour transformer efficacement la matière organique – déchets de jardin, résidus de récolte – en PBS. L’équipe explore deux voies de fermentation : l’une axée sur la production d’acétone, de butanol et d’éthanol, l’autre sur la fermentation de l’acide succinique.
Le deuxième axe de recherche concerne l’aval, c’est-à-dire la purification des matériaux transformés. Les chercheurs cherchent à raffiner le n-butanol, un composé organique issu de la fermentation, en 1,4-butanediol, un alcool dihydrique essentiel à la fabrication des plastiques. Des simulations de processus et des techniques d’apprentissage automatique sont utilisées pour optimiser les bilans matière et énergétique.
Enfin, un troisième axe vise à développer un procédé chimique innovant pour éliminer les impuretés et obtenir un PBS entièrement biologique. Les chercheurs ont déjà déposé un brevet pour ce procédé et s’efforcent de l’affiner. Ils envisagent également de valoriser les résidus de la production de bio-PBS en les transformant en électricité et en chaleur renouvelables, qui alimenteront les systèmes du laboratoire.
À terme, l’équipe prévoit de créer les premiers prototypes d’applications concrètes, tels que des emballages et du matériel médical, en utilisant des modèles numériques 3D et le PBS entièrement biosourcé.
Dr. Melanie Walther a rejoint l’Université d’Oldenbourg pour diriger ce groupe de recherche junior. Elle sera assistée d’un postdoctorant et de trois doctorants. Elle a obtenu sa licence en chimie commerciale à l’Université Christian Albrechts de Kiel en 2016, son master en 2018 et son doctorat en matériaux fonctionnels organiques à l’Université de Brême en 2023.
L’Université d’Oldenbourg héberge actuellement neuf groupes de recherche financés par des fonds externes, soutenant ainsi de jeunes talents prometteurs comme Dr. Walther dans leur parcours vers un poste de professeur ou de direction scientifique. Les partenaires universitaires impliqués dans le projet « EcoPBS » sont l’Université des Sciences Appliquées de Hanze (Groningen, Pays-Bas), l’Université de Twente (Enschede, Pays-Bas) et l’Université Christian Albrechts de Kiel. Les partenaires industriels incluent l’entreprise de jardinage et d’aménagement paysager Oeltjen (Westerstede), l’institut de recherche Fair-Fusion (Emmen, Pays-Bas) et le fournisseur de plastique Biovox (Darmstadt).
Contact pour les informations scientifiques :
Dr Melanie Walther, Tél. : 0441/798-3845, [email protected]
Plus d’informations :
https://uol.de/chemie/forschung/nachwuchsgruppe-dr-melanie-walther
Critères de ce communiqué :
Affaires et commerce, journalistes, scientifiques et universitaires, étudiants, enseignants et élèves, toutes personnes intéressées
Biologie, Chimie, Environnement / écologie, Sciences des matériaux
transrégional, national
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