Plus d’un an après l’attaque du Capitole, une enquête révèle que plusieurs personnes graciées par l’ancien président Donald Trump ont récidivé, certaines étant impliquées dans des crimes graves, dont des agressions sexuelles sur des enfants et des menaces de mort contre des élus. Ces révélations relancent le débat sur les conséquences des grâces accordées aux participants à l’insurrection du 6 janvier 2021.
À retenir
- Au moins 33 personnes graciées par Donald Trump ont été de nouveau arrêtées, inculpées ou condamnées pour d’autres crimes depuis 2021.
- Six de ces personnes sont accusées de crimes sexuels sur des enfants, dont deux de viol.
- L’enquête met en lumière les efforts de l’ancien président pour minimiser la gravité de l’attaque du Capitole et réécrire l’histoire des événements.
Contexte
Le 6 janvier 2021, des partisans de Donald Trump ont pris d’assaut le Capitole américain à Washington, dans une tentative de contester les résultats de l’élection présidentielle de 2020. L’attaque a fait cinq morts et a blessé plus de 170 policiers. Plusieurs policiers du Capitole se sont ensuite suicidés.
Après l’attaque, plus de 1 500 personnes ont été inculpées pour divers crimes liés à l’insurrection. En janvier 2025, Donald Trump a accordé une grâce générale à près de 1 600 personnes reconnues coupables ou en attente de jugement pour ces infractions.
La commission judiciaire de la Chambre des représentants a publié lundi deux rapports détaillant les conséquences de ces grâces, à la veille du cinquième anniversaire de l’attaque du Capitole. Ces rapports s’appuient sur une analyse menée par l’organisation Citizens for Responsibility and Ethics (CREW), un organisme de surveillance du gouvernement basé à Washington.
Ce qui change
L’enquête révèle que les grâces accordées par Donald Trump n’ont pas dissuadé certains émeutiers de commettre de nouveaux crimes. Parmi les cas recensés, Christopher Moynihan a été inculpé en octobre pour avoir menacé de tuer Hakeem Jeffries, le chef de file de la minorité parlementaire, une cible fréquente des attaques de l’administration Trump.
John Andries a été reconnu coupable de violation d’une ordonnance de protection en harcelant la mère de son enfant. Zachary Alam est accusé d’intrusion, et Brent Holdridge de cambriolage. Au moins cinq personnes ont été accusées de possession illégale d’armes à feu, et cinq autres d’avoir conduit sous l’influence de l’alcool ou de drogues, deux de ces cas ayant entraîné des décès.
Selon Jack Smith, l’ancien conseiller spécial chargé de l’enquête sur l’incitation à l’insurrection, les émeutes du 6 janvier « n’auraient pas lieu » sans Donald Trump. Il a déclaré aux législateurs que Trump était « la personne la plus coupable et la plus responsable » de la conspiration visant à renverser la victoire de Joe Biden en 2020.
Prochaines étapes
La commission judiciaire de la Chambre a publié un document démystifiant 12 mythes courants propagés par Donald Trump et ses alliés concernant l’attaque du Capitole. Ces mythes incluent l’affirmation selon laquelle la police du Capitole aurait délibérément ouvert la voie aux émeutiers, ou que Trump n’aurait pardonné à personne ayant commis des violences.
L’enquête continue de susciter des tensions politiques, les républicains de la commission judiciaire ayant critiqué les méthodes de Jack Smith et suggéré que ses accusations contre Trump étaient politiquement motivées.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Nombre de personnes graciées par Trump | Plus de 1 500 |
| Nombre de personnes graciées et récidivistes | Au moins 33 |
| Nombre de personnes accusées de crimes sexuels sur des enfants | 6 |
| Nombre de décès liés à l’attaque du Capitole | 5 (dans les 36 heures suivant l’attaque) |
| Nombre de policiers blessés | 174 |
Sources
Rapport de la commission judiciaire de la Chambre des représentants.
Analyse de Citizens for Responsibility and Ethics (CREW).
À lire aussi
