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Au moins 35 personnes tuées lors des manifestations en Iran, selon un groupe de défense des droits humains

Publié le 6 janvier 2024 à 16h50. Des manifestations déclenchées par la crise économique en Iran se sont intensifiées ces dix derniers jours, faisant au moins 35 morts selon une organisation de défense des droits de l'homme, tandis…

Au moins 35 personnes tuées lors des manifestations en Iran, selon un groupe de défense des droits humains

Publié le 6 janvier 2024 à 16h50. Des manifestations déclenchées par la crise économique en Iran se sont intensifiées ces dix derniers jours, faisant au moins 35 morts selon une organisation de défense des droits de l’homme, tandis que les autorités iraniennes font état de deux membres des forces de sécurité tués.

  • Au moins 35 personnes ont perdu la vie lors des manifestations qui secouent l’Iran depuis dix jours, selon l’agence HRANA.
  • Les forces de sécurité ont utilisé des gaz lacrymogènes contre les manifestants, notamment au Grand Bazar de Téhéran, où des slogans dénonçant le pouvoir religieux ont été scandés.
  • La situation est d’autant plus préoccupante qu’un raid mené par les forces de sécurité contre un hôpital dans la province d’Ilam a été dénoncé par Amnesty International comme une violation du droit international.

Les protestations, qui ont débuté le 28 décembre, expriment la colère face à la dévaluation continue du rial iranien face au dollar américain. L’inflation a atteint 40 %, exacerbée par les sanctions internationales imposées en raison du programme nucléaire iranien, ainsi que par une gestion économique jugée défaillante et la corruption.

Initialement menées par des commerçants de la capitale, les manifestations se sont rapidement étendues à 27 des 31 provinces du pays, attirant le soutien d’étudiants et de divers segments de la population. L’agence Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée à l’étranger, rapporte également plus de 60 blessés et 1 200 arrestations depuis le début des troubles.

Les autorités iraniennes n’ont publié qu’un bilan partiel, confirmant la mort de deux membres des forces de sécurité. La BBC persane a, de son côté, recensé et identifié 15 décès. Selon Amnesty International, les Gardiens de la révolution et les forces spéciales de la police auraient encerclé l’hôpital Imam Khomeini dans la ville d’Ilam, tirant des gaz lacrymogènes et utilisant des fusils de chasse à l’intérieur, blessant des patients et du personnel médical.

La situation a suscité des réactions internationales. Le président américain Donald Trump a menacé d’une intervention américaine si les manifestants pacifiques étaient tués, déclarant : « Nous sommes verrouillés, chargés et prêts à partir ». De son côté, l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de l’Iran, a appelé à une répression ferme des « émeutiers » et juré de ne pas céder à « l’ennemi ». Le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejei, a affirmé que les autorités entendraient les « préoccupations légitimes » concernant le niveau de vie, mais ne montreraient aucune indulgence envers les « émeutiers ».

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit « profondément attristé par les pertes en vies humaines et les blessés » et a souligné la nécessité d’éviter de nouvelles victimes, appelant à la liberté d’expression et de manifestation pacifique. Son porte-parole, Stéphane Dujarric, a déclaré : « Tous les individus doivent être autorisés à manifester pacifiquement et à exprimer leurs doléances ».

Des vidéos diffusées par la BBC persane montrent des affrontements au Grand Bazar de Téhéran, où des manifestants scandaient « Mort au dictateur », en référence à l’ayatollah Khamenei, avant de fuir devant des nuages de gaz lacrymogènes. Voir la vidéo des affrontements au Grand Bazar. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent également des manifestants se rassemblant au carrefour d’Azari et devant un palais de justice à Najafabad, exigeant la libération des mineurs arrêtés.

L’organisation kurde de défense des droits humains Hengaw a déclaré avoir vérifié le décès d’au moins 25 manifestants, dont quatre enfants. Iran Human Rights, basée en Norvège, fait état d’au moins 27 morts, dont cinq enfants. Son directeur, Mahmood Amiry-Moghaddam, a mis en garde contre une répression potentiellement plus violente que lors des soulèvements passés, soulignant l’instabilité du régime actuel.

Ces manifestations sont les plus importantes depuis le soulèvement de 2022, déclenché par la mort en détention de Mahsa Amini, une jeune femme kurde arrêtée pour non-respect du code vestimentaire. Plus de 550 personnes avaient alors été tuées et 20 000 arrêtées lors de la répression des manifestations.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.