Publié le 7 janvier 2026 à 12h15. Face aux ambitions américaines sur le Groenland, la France et ses partenaires européens préparent une réponse coordonnée, dénonçant une potentielle « intimidation » de la part de Washington.
- Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé la préparation d’une « riposte » européenne face aux visées américaines sur le Groenland.
- Washington, sous la présidence de Donald Trump, envisage l’acquisition du Groenland, y compris par la force, suscitant des inquiétudes en Europe.
- Des discussions sont en cours avec l’Allemagne et la Pologne pour élaborer une stratégie commune et dissuasive.
La France se prépare à répondre à ce qu’elle considère comme une forme d’« intimidation » de la part des États-Unis concernant le Groenland. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a révélé ce mercredi que Paris travaille en étroite collaboration avec ses partenaires européens pour élaborer une stratégie de riposte. L’objectif est de dissuader Washington de poursuivre ses ambitions sur cette île stratégique, administrée par le Danemark.
Selon M. Barrot, l’intention du président américain Donald Trump d’acquérir le Groenland, même par la force, est inacceptable. Il a précisé que le plan français, qui sera finalisé « dans les prochains jours », sera partagé avec les autres nations européennes afin d’agir de manière coordonnée. « Face à ces signes d’intimidation, Paris veut agir, mais en coordination avec ses partenaires », a-t-il souligné.
Le ministre a indiqué qu’il aura l’occasion d’échanger sur ce sujet cet après-midi avec ses homologues allemand et polonais, formant avec eux « un triptyque, un trio capable d’influencer l’Europe ». Malgré les tensions, M. Barrot se montre prudent, estimant que les États-Unis « sont très attachés à l’Alliance atlantique, à l’OTAN », dont le Groenland fait partie en tant que territoire autonome du Danemark.
Il a également fait état d’une conversation téléphonique avec le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, qui lui aurait assuré que Washington excluait une option militaire sur l’île.
« Il a exclu l’idée que ce qui vient de se passer au Venezuela puisse se produire au Groenland. »
Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères
Cette déclaration fait référence à l’opération militaire américaine menée au Venezuela le week-end dernier dans le but de capturer Nicolás Maduro et son épouse. Selon des informations rapportées par les médias américains, M. Rubio aurait confirmé à un groupe de législateurs que M. Trump était disposé à acheter le Groenland et que ses conseillers travaillaient sur un plan pour y parvenir.
Depuis son entrée en fonction en 2025, Donald Trump a régulièrement exprimé son intérêt pour le contrôle du Groenland. La polémique s’est intensifiée cette semaine après que Stephen Miller, l’un de ses principaux conseillers, n’a pas exclu la possibilité d’une intervention militaire. Le Groenland, territoire autonome du Royaume du Danemark, a fermement rejeté toute idée d’intégration aux États-Unis. Les dirigeants européens, dont la France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne, l’Espagne et le Royaume-Uni, ont apporté leur soutien à Copenhague, affirmant que l’avenir de l’île doit être décidé par ses habitants et le Danemark.
L’ambition historique de l’Amérique
Le Groenland, territoire autonome du Royaume du Danemark situé entre les océans Atlantique et Arctique, est devenu l’objet des convoitises américaines. Avec un quart de sa surface recouverte de glace en permanence, mais riche en minéraux et en terres rares, et comptant seulement 56 000 habitants, l’île suscite l’intérêt des États-Unis depuis le milieu du XIXe siècle, en particulier en raison de la fonte progressive de l’Arctique.
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