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Pourquoi Israël craint-il les piratages iraniens du « Handala » ? | politique

by Clara Dubois

Publié le 7 janvier 2026 13:35:00. Une guerre numérique secrète s’intensifie entre Israël et l’Iran, avec l’émergence du groupe de piratage « Handala » qui cible des personnalités politiques israéliennes de haut rang et sème l’inquiétude au sein des services de sécurité.

  • Le groupe de hackers iranien « Handala » a piraté les téléphones portables de l’ancien Premier ministre israélien Naftali Bennett et d’autres responsables.
  • Les services de sécurité israéliens ont accusé un habitant de Rishon Lezion d’espionnage pour le compte de l’Iran.
  • « Handala » a également ciblé des institutions israéliennes sensibles, divulguant des informations confidentielles et semant l’anxiété parmi la population.

La confrontation entre Israël et l’Iran ne se limite plus aux domaines traditionnels de la politique et de la sécurité. Elle s’est étendue de manière significative au cyberespace, où une guerre larvée prend de l’ampleur. Le nom du groupe de piratage iranien « Handala » est devenu central dans cette bataille numérique, passant d’un acteur marginal à une menace majeure pour Israël.

Initialement considéré comme un groupe de hackers émergent se concentrant sur des actions symboliques et des campagnes de propagande limitées, « Handala » a radicalement changé de profil après avoir réussi à compromettre les téléphones portables et les données personnelles de hauts responsables politiques israéliens. L’ancien Premier ministre Naftali Bennett, le chef de cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahu, et l’ambassadeur d’Israël en Allemagne ont été parmi les cibles.

Les piratages ont révélé des communications sensibles et embarrassantes, suscitant un choc dans les cercles politiques et sécuritaires israéliens. Parmi les incidents notables, le téléphone de Yinon Magal, un présentateur de la Quatorzième chaîne proche de Netanyahu, a été compromis, et des messages anti-Premier ministre ont été publiés sur son compte Telegram. En octobre 2024, des courriels attribués à l’ancien Premier ministre Ehud Barak ont également été divulgués.

Les services de sécurité israéliens ont arrêté un habitant de Rishon Lezion, soupçonné d’espionnage pour le compte de l’Iran après avoir été aperçu en train de photographier la résidence de Bennett. Selon une déclaration commune de l’Shin Bet (Agence de sécurité intérieure) et de la police, l’accusé aurait communiqué avec les services de renseignement iraniens et exécuté des missions en échange d’argent.

Au-delà de ces opérations médiatisées, « Handala » a également réussi à pirater les ordinateurs du ministère de la Sécurité nationale, à divulguer les noms et les coordonnées des titulaires de permis d’armes, à menacer des scientifiques israéliens et à provoquer un état d’alerte élevé dans les écoles maternelles. Le groupe a également pénétré les serveurs du Centre de recherche nucléaire fin 2024 et les bases de données de la police israélienne début 2025, divulguant des informations sensibles.

Ce niveau d’intrusion a provoqué un « choc israélien », selon les médias locaux. Tal Shafe, correspondant aux affaires technologiques du journal Yedioth Ahronoth, souligne que l’objectif n’est pas seulement de collecter des renseignements, mais aussi de porter atteinte moralement aux dirigeants israéliens et de semer le doute sur la sécurité numérique du pays.

« Handala » a adopté une stratégie de diffusion progressive des informations, maximisant ainsi l’impact psychologique et médiatique. Le groupe a même proposé des récompenses financières allant jusqu’à 10 000 dollars en échange d’informations utiles, dans le but d’étendre son réseau d’influence et de semer la suspicion au sein de la société israélienne. Le groupe a également lancé des appels sur la plateforme X, en persan, invitant les citoyens iraniens à rejoindre les manifestations contre le régime, tout en offrant son soutien.

Les experts en cybersécurité mettent en garde contre le risque que « Handala » ou des groupes similaires acquièrent des outils de piratage plus sophistiqués, ce qui pourrait conduire à une pénétration généralisée des institutions et des téléphones officiels. Avi Davidi, chercheur à l’Institut de stratégie et de sécurité de Yerushalayim, estime que Téhéran mène, par le biais de « Handala », une guerre de l’information contre Israël et l’opposition iranienne, avec des risques relativement faibles et des dégâts importants.

Selon Davidi, le conflit israélo-iranien est entré dans une nouvelle phase, caractérisée par l’absence de fronts clairs et d’avertissements préalables. Il recommande d’intégrer la lutte contre les cybergroupes offensifs tels que « Handala » dans une stratégie globale combinant renforcement de la défense technologique, dissuasion et gestion de l’opinion publique. Israël est confronté à un double défi : faire face à une cybermenace croissante tout en maintenant une image de dissuasion et de contrôle.

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