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Le Bureau du Procureur général ratifie la suspension du général Huertas et de Wilmar Mejía pour liens présumés avec Calarcá ; mais Mejía continue de diriger l’UdeA

Publié le 7 janvier 2024 14h15. Une suspension provisoire visant un général de l'armée et un haut responsable du renseignement colombien, soupçonnés de liens avec un groupe dissident des FARC, suscite une crise institutionnelle, exacerbée par la volonté…

Le Bureau du Procureur général ratifie la suspension du général Huertas et de Wilmar Mejía pour liens présumés avec Calarcá ; mais Mejía continue de diriger l’UdeA

Publié le 7 janvier 2024 14h15. Une suspension provisoire visant un général de l’armée et un haut responsable du renseignement colombien, soupçonnés de liens avec un groupe dissident des FARC, suscite une crise institutionnelle, exacerbée par la volonté du président Petro de maintenir le responsable du renseignement en poste malgré les accusations.

  • Le Bureau du procureur général a confirmé la suspension provisoire de trois mois du général Juan Miguel Huertas et de Wilmar Mejía, directeur du renseignement stratégique de la Direction nationale du renseignement (DNI).
  • Malgré cette suspension, Wilmar Mejía continue de participer aux réunions du Conseil supérieur de l’Université d’Antioquia, où il représente le président Petro.
  • L’enquête porte sur la possible divulgation d’informations classifiées à des dissidents des FARC, notamment des codes de radiofréquence et des conseils pour créer une société de sécurité écran.

La décision de suspendre le général Huertas et Wilmar Mejía, prise le 23 décembre, vise à empêcher toute interférence dans l’enquête disciplinaire ouverte à leur encontre. Les accusations portent sur des liens présumés avec le groupe dissident des FARC dirigé par un individu connu sous le nom de « Calarcá ». Cette affaire intervient dans un contexte de tensions croissantes au sein des institutions colombiennes.

La situation est particulièrement délicate concernant Wilmar Mejía. Bien que suspendu, il a continué à siéger au Conseil supérieur de l’Université d’Antioquia, en tant que délégué direct du président Gustavo Petro. Cette persistance a provoqué l’indignation de plusieurs acteurs, notamment le gouverneur d’Antioquia, Andrés Julián Rendón, qui a publiquement demandé son départ, estimant que les liens présumés avec un chef criminel, conjugués à la suspension ordonnée par le Bureau du procureur général, sont suffisants pour l’écarter de cette fonction. Le gouvernement a même transmis une communication au secrétaire général du Conseil supérieur pour lui rappeler que la suspension provisoire empêche M. Mejía d’exercer des fonctions publiques.

Le Conseil académique de l’université a également exprimé son mécontentement et a demandé au président Petro de nommer un nouveau représentant, craignant que cette situation ne compromette l’éthique et la stabilité institutionnelle. Malgré ces avertissements juridiques et politiques, M. Mejía a continué à assister aux commissions financières et aux sessions du conseil début décembre.

Les Dossiers « Calarcá » et les Allégations de Fuites de Renseignement

L’enquête a été déclenchée par la découverte de fichiers numériques saisis auprès de proches de « Calarcá » en 2024 dans la région d’Antioquia. Selon les investigations menées par Noticias Caracol, Wilmar Mejía – identifié dans les documents sous le pseudonyme de « El Chulo » – et le général Huertas auraient divulgué des informations classifiées concernant les mouvements de troupes et les opérations militaires dans des zones stratégiques telles qu’Antioquia, le Catatumbo et le sud de Bolívar.

Les allégations les plus graves concernent la prétendue transmission de codes de radiofréquence de la Force publique à des dissidents. Une enquête est également en cours pour déterminer si les responsables ont conseillé au groupe illégal de créer une société de sécurité écran, dans le but de légaliser le port d’armes et de faciliter la mobilité des criminels.

Le parcours de Wilmar Mejía suscite également l’attention. Diplômé en éducation physique et ancien leader étudiant, il a rapidement gravi les échelons au sein des agences de sécurité, passant d’agent de liaison dans des campagnes politiques à un poste de direction stratégique au sein de la DNI, sans expérience technique certifiée en matière de renseignement. M. Mejía affirme avoir agi en tant qu’informateur civil, transmettant des rapports au ministère de la Défense avant sa nomination officielle.

Le général Juan Miguel Huertas, quant à lui, est confronté à d’autres enquêtes. En plus de la procédure disciplinaire actuelle, la Juridiction Spéciale pour la Paix (JEP) l’a lié à des investigations concernant des exécutions extrajudiciaires survenues à Antioquia. Réintégré au service actif par le gouvernement Petro après avoir été écarté sous l’administration d’Iván Duque, suite à des alertes émises par les agences américaines, le général Huertas nie toutes les accusations et dénonce une tentative systématique de nuire à sa réputation et à celle du gouvernement.

Pour en savoir plus sur les déclarations de Wilmar Mejía : Détails de l’interview de Wilmar Mejía, lié aux dissidences des FARC.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.