L’économie américaine affiche une vigueur inattendue en décembre, avec une croissance de l’activité et une reprise de l’emploi, malgré un ralentissement des offres d’emploi qui laisse présager une modération du marché du travail. Ces chiffres contrastent avec des enquêtes régionales plus pessimistes et alimentent le débat sur la trajectoire de la politique monétaire de la Réserve fédérale.
L’indice ISM des services, publié en décembre, a grimpé à 54,4, dépassant largement les attentes des analystes qui tablaient sur 52,2. Il s’agit du meilleur score depuis octobre 2023 et témoigne d’une expansion de l’activité dans le secteur des services. L’indice, qui mesure l’opinion des directeurs d’achats sur différents aspects de leurs entreprises, se situe au-dessus de 50, seuil indiquant une croissance.
Plusieurs composantes de l’indice ISM ont contribué à cette performance positive. L’activité des entreprises a progressé, passant de 54,5 à 56,0, et l’emploi a connu sa première expansion depuis mai, avec un score de 52,0. Les nouvelles commandes ont également bondi, atteignant 57,9 contre 52,9. Seul le carnet de commandes a connu un recul, passant de 49,1 à 42,6.
Les pressions inflationnistes restent cependant bien présentes. La composante des prix payés, qui mesure l’évolution des coûts d’achat des entreprises, est restée élevée à 64,3, signalant que l’inflation continue de peser sur le secteur des services.
Ces résultats solides contrastent avec des enquêtes régionales de la Fed, qui avaient fait état d’un ralentissement de l’activité dans le secteur des services ces dernières semaines. Cette divergence soulève des questions quant à la fiabilité des indicateurs et à la véritable dynamique de l’économie américaine.
Parallèlement, les statistiques sur les offres d’emploi et la rotation de la main-d’œuvre ont révélé une baisse plus importante que prévu des postes vacants, qui se sont établis à 7,15 millions en novembre (contre 7,45 millions en octobre, chiffre révisé à la baisse). Le taux de licenciements a également diminué, passant de 1,2 % à 1,1 %, tandis que le taux de démission a légèrement augmenté, passant de 1,9 % à 2 %. Ces données suggèrent un marché du travail qui se refroidit progressivement, sans pour autant s’effondrer.
Les marchés financiers ont réagi avec prudence à ces publications. Les rendements des obligations d’État à 10 ans ont légèrement augmenté, mais l’attitude générale reste marquée par une certaine aversion au risque. Les investisseurs continuent de parier sur une baisse des taux d’intérêt de la Fed de 60 points de base au cours de l’année 2024.
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