Publié le 2024-02-29 14:35:00. Le nouveau film de Damiano Michieletto, Primavera, plonge le spectateur dans l’univers carcéral et musical de l’Ospedale della Pietà à Venise au début du XVIIIe siècle, à travers le destin d’une jeune violoniste en quête de liberté.
- Primavera s’inspire librement du roman Mère était debout de Tiziano Scarpa.
- Tecla Insolia livre une performance remarquable dans le rôle de Cecilia, une jeune musicienne confrontée aux contraintes d’une institution vénitienne.
- L’arrivée d’Antonio Vivaldi à l’Ospedale della Pietà bouleverse la vie de Cecilia et de ses compagnes.
L’histoire se déroule principalement au sein de l’Ospedale della Pietà, un établissement vénitien qui accueillait des enfants abandonnés et leur offrait une éducation, notamment musicale. Ce lieu, régi par des règles strictes, devient le théâtre des aspirations et des frustrations de Cecilia, interprétée avec une intensité saisissante par Tecla Insolia, déjà remarquée dans L’arbre de Sara Petraglia. Le film, second long métrage de Damiano Michieletto après Gianni Schicchi (2021), explore la vie quotidienne de ces jeunes filles, rythmée par la répétition et la répression des émotions.
Primavera dépeint un univers sombre et confiné, éclairé par la lueur vacillante des bougies. Michieletto privilégie une mise en scène classique et sobre, évitant les effets visuels tape-à-l’œil pour se concentrer sur la psychologie des personnages et la tension palpable qui règne au sein de l’institution. Le film explore les espaces de pouvoir, les salles de punition, les dortoirs et même les toilettes, lieux de confidence et de rébellion silencieuse.
L’arrivée d’Antonio Vivaldi (Michele Riondino), chargé de perfectionner l’orchestre de jeunes filles pour rivaliser avec d’autres ensembles musicaux, vient perturber l’équilibre fragile de l’Ospedale. Vivaldi, lui-même affaibli par une maladie pulmonaire, perçoit chez Cecilia un talent exceptionnel et une sensibilité particulière. Leur rencontre, marquée par des regards, des échanges et des confrontations, est au cœur du récit.
Le film est avant tout une exploration de la quête identitaire de Cecilia, de sa recherche de liberté et de sa volonté de s’affranchir des contraintes qui l’emprisonnent. Comme le souligne la protagoniste dans une citation tirée du roman de Tiziano Scarpa :
« C’est moi en chair et en os, en un seul morceau, qui me suis rendu à moi-même, c’est moi qui vais maintenant vers mon destin. »
Tiziano Scarpa, Mère était debout (2008)
Le film suit son parcours, de ses tourments à son désir ardent de s’échapper, jusqu’à sa fuite nocturne à travers les ruelles de Venise, à bord d’une gondole.
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