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Les États-Unis quitteront 66 organisations internationales alors que Trump se retire encore de la coopération mondiale

L'administration américaine a annoncé un retrait massif de plusieurs organisations internationales, marquant une rupture avec des décennies de coopération multilatérale. Cette décision, qui concerne une soixantaine d'organismes, inclut des institutions clés des Nations unies impliquées dans la lutte…

Les États-Unis quitteront 66 organisations internationales alors que Trump se retire encore de la coopération mondiale

L’administration américaine a annoncé un retrait massif de plusieurs organisations internationales, marquant une rupture avec des décennies de coopération multilatérale. Cette décision, qui concerne une soixantaine d’organismes, inclut des institutions clés des Nations unies impliquées dans la lutte contre le changement climatique et la santé reproductive.

Mercredi, le président Donald Trump a signé un décret suspendant le soutien financier et la participation des États-Unis à 66 organisations, commissions et agences internationales. Cette mesure fait suite à un examen approfondi de l’engagement américain dans ces structures, selon un communiqué de la Maison Blanche.

La plupart des organismes visés sont liés aux Nations unies et traitent de questions telles que le climat, le travail, la migration et les droits de l’homme. D’autres organisations concernées incluent le Partenariat pour la coopération atlantique, l’Institut international pour la démocratie et l’assistance électorale, et le Forum mondial de lutte contre le terrorisme.

Le département d’État justifie ce retrait par une critique sévère de ces institutions, les qualifiant de « redondantes, mal gérées, inutiles, capturées par des intérêts contraires aux nôtres, ou constituant une menace pour la souveraineté, les libertés et la prospérité de notre nation ».

Cette décision intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les États-Unis et leurs alliés, ainsi que d’une politique étrangère américaine de plus en plus assertive. L’administration Trump a récemment adopté des initiatives militaires et des menaces qui ont suscité l’inquiétude de nombreux pays, notamment en ce qui concerne le Venezuela et le Groenland.

Ce retrait s’inscrit dans la continuité d’une stratégie initiée précédemment par l’administration Trump, qui avait déjà suspendu le financement d’organisations telles que l’Organisation mondiale de la santé, l’UNRWA (l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens), le Conseil des droits de l’homme de l’ONU et l’UNESCO. L’approche adoptée est désormais plus sélective, privilégiant les organismes et les programmes jugés alignés sur les priorités de l’administration américaine.

« Je pense que ce à quoi nous assistons est une cristallisation de l’approche américaine du multilatéralisme, qui est ‘mon chemin ou l’autoroute’ », a déclaré Daniel Forti, responsable des affaires de l’ONU à l’International Crisis Group. « Il s’agit d’une vision très claire de vouloir une coopération internationale selon les propres conditions de Washington. »

Le retrait de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) est particulièrement significatif. Cet accord de 1992, qui compte 198 pays signataires, sert de base à l’accord de Paris sur le climat, dont les États-Unis s’étaient déjà retirés en 2017. Donald Trump a qualifié à plusieurs reprises le changement climatique de « canular ».

« En tant que seul pays au monde à ne pas faire partie du traité de la CCNUCC, l’administration Trump gaspille des décennies de leadership américain en matière de changement climatique et de collaboration mondiale », a déclaré Gina McCarthy, ancienne conseillère nationale pour le climat à la Maison Blanche, et coprésidente d’America Is All In, une coalition d’États et de villes américaines préoccupés par le climat. « Cette administration perd la capacité de notre pays à influencer des milliers de milliards de dollars en investissements, politiques et décisions qui auraient fait progresser notre économie et nous auraient protégés de catastrophes coûteuses. »

L’agence des Nations unies pour la population, qui œuvre pour la santé sexuelle et reproductive à travers le monde, est également visée par ce retrait. Cette agence a souvent été critiquée par les républicains, qui l’accusent de promouvoir des « pratiques d’avortement coercitif » dans certains pays. Le financement de l’agence avait été rétabli par le président Joe Biden en janvier 2021, après un examen du département d’État qui n’a trouvé aucune preuve à l’appui de ces accusations.

Parmi les autres organisations dont les États-Unis se retirent figurent le Carbon Free Energy Compact, l’Université des Nations unies, le Comité consultatif international du coton, l’Organisation internationale des bois tropicaux, l’Institut panaméricain de géographie et d’histoire, la Fédération internationale des conseils des arts et des agences culturelles, et le Groupe d’étude international sur le plomb et le zinc. Le département d’État a indiqué que d’autres examens étaient en cours.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.