Publié le 8 janvier 2024 08:01:00. L’administration Trump continue de susciter l’interrogation sur la scène internationale, oscillant entre des menaces territoriales inattendues et une vision économique déconcertante qui semble s’inspirer, paradoxalement, des principes marxistes.
- Le président américain a exprimé son intérêt pour l’acquisition du Groenland, territoire autonome appartenant à un allié.
- Des experts s’interrogent sur la logique derrière les actions de Donald Trump, notamment ses menaces envers des États voisins.
- Une analyse suggère que la politique américaine actuelle pourrait être interprétée comme une application pragmatique des principes de spécialisation économique et de consommation à grande échelle.
L’administration américaine, sous la présidence de Donald Trump, continue de surprendre par ses initiatives et ses déclarations. Après l’intervention controversée dans un pays souverain, le président américain a laissé entendre qu’il pourrait s’intéresser à l’acquisition du Groenland, un territoire autonome lié aux États-Unis par des accords de coopération. Cette ambition, jugée déconcertante par de nombreux observateurs, s’inscrit dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes et d’une politique étrangère américaine de plus en plus assertive.
Au-delà de cette question territoriale, c’est l’ensemble de la stratégie de Donald Trump qui interroge. Des experts en paix et en démocratie tentent de décrypter les motivations qui sous-tendent ses actions, notamment ses menaces à l’égard de plusieurs États de la région. Certains y voient une application singulière, voire paradoxale, des principes marxistes. L’idée que les États-Unis pourraient fonctionner selon le principe « à chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins » – détourné ici en une logique de puissance militaire et de consommation – a été soulevée.
Selon cette analyse, les États-Unis, forts de leur supériorité militaire, se concentreraient sur la consommation, laissant à d’autres pays le soin de produire. Cette spécialisation économique, encouragée par les économistes néolibéraux, permettrait aux Américains de maintenir un niveau de vie élevé tout en réduisant leurs coûts de production. Après la Seconde Guerre mondiale, l’industrie américaine représentait la moitié de la production industrielle mondiale. Jusqu’aux années 1980, la consommation intérieure était équilibrée avec la production. La délocalisation des emplois vers des pays à bas coûts a entraîné une augmentation des importations et un déficit commercial chronique pour les États-Unis.
Ce déficit commercial, bien que persistant, est en partie compensé par les exportations de services et d’armement, où les États-Unis occupent une position dominante. L’achat de ces armes par les alliés est souvent perçu comme un signe de dépendance et de vassalité. Cependant, la capacité économique des États-Unis peine à suivre le rythme de sa consommation. Une relance de la production industrielle nationale s’avère difficile, car les coûts de production seraient supérieurs à ceux des importations. Cette situation est stabilisée par le rôle de la monnaie américaine, le dollar, comme monnaie de réserve mondiale, ce qui nécessite un contrôle militaire du monde entier.
Dans ce contexte, la liste des pays souhaitant abandonner le commerce en dollars (les “pétrodollars”) ne cesse de s’allonger : Irak, Libye, Venezuela… Donald Trump a revisité le slogan marxiste en une formule plus pragmatique et plus accessible à son électorat : « à chacun selon son audace, à chacun selon ses goûts ». Les États-Unis, en tant que garants de la paix et de la démocratie, semblent désormais considérer le Groenland comme un atout stratégique indispensable, qu’ils sont prêts à acquérir par tous les moyens.
Le seul pays contre lequel Donald Trump pourrait exercer une pression significative semble être la République tchèque, dirigée par Petr Pavel, un ancien anticommuniste. La République tchèque, fidèle aux valeurs de Václav Havel, et ayant adopté une législation sévère contre toute forme d’inspiration communiste (punissable d’une peine de un à cinq ans de prison depuis le 1er janvier), pourrait représenter un obstacle à la politique américaine. Il est donc conseillé aux propagandistes communistes de se montrer prudents.
Enfin, un avertissement est adressé aux responsables politiques de tous bords qui ne voient aucun inconvénient à l’impérialisme, à condition qu’il soit exercé par leurs alliés : ce message les concerne également.
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