Home AffairesLes lois irlandaises et européennes enfreintes sur les images d’abus d’enfants d’IA

Les lois irlandaises et européennes enfreintes sur les images d’abus d’enfants d’IA

by Amélie Bernard

Publié le 8 janvier 2026 17h03. L’Irlande s’alarme face à la prolifération d’images abusives générées par intelligence artificielle sur la plateforme X, et exige des réponses de l’entreprise ainsi qu’une action rapide au niveau européen.

  • La ministre d’État chargée de l’intelligence artificielle, Niamh Smyth, affirme que des lois irlandaises et européennes ont été violées.
  • Des organisations de sécurité en ligne demandent l’interdiction des applications d’IA générant des images sexuelles, notamment pour les mineurs.
  • Plusieurs organisations, dont Women’s Aid, ont annoncé quitter la plateforme X en raison de la violence en ligne.

La ministre Smyth a exprimé sa vive inquiétude suite à la découverte d’images d’abus sexuels, créées par le chatbot Grok de X. S’exprimant sur RTÉ, elle a souligné que la diffusion de telles images, qu’elles soient réelles ou générées par ordinateur, constitue une infraction pénale.

« Qu’il s’agisse d’images réelles ou générées par ordinateur, leur diffusion sur des plateformes constitue une infraction pénale. »

Niamh Smyth, ministre d’État chargée de l’intelligence artificielle

Selon la ministre, le droit irlandais et européen a été bafoué. Elle a indiqué avoir demandé une rencontre avec les responsables de X afin d’obtenir des explications et d’exiger des mesures correctives. Elle a également souligné le rôle de la Commission européenne, responsable de la surveillance des grandes plateformes en ligne en vertu de la loi sur les services numériques. Elle a ajouté qu’elle discuterait de cette question avec le Taoiseach dans les prochains jours, après que ce dernier ait déjà condamné l’outil Grok, le qualifiant de « choquant ».

L’organisation CyberSafeKids va plus loin, appelant à une interdiction totale des applications dites « AI Girlfriend » et de tout outil capable de générer de fausses images sexuelles. Son PDG, Alex Cooney, estime qu’il n’existe aucun objectif légitime à cette technologie, dont la seule fonction est « l’exploitation, l’abus et le préjudice ».

« Il n’y a aucun objectif légitime, aucun avantage social et aucun résultat positif associé à cette technologie. Sa seule fonction est l’exploitation, l’abus et le préjudice. »

Alex Cooney, PDG de CyberSafeKids

Elle a également plaidé pour une législation interdisant explicitement la création et la diffusion de deepfakes sexualisés de mineurs, s’inspirant des exemples du Royaume-Uni et de l’Australie.

La situation a également conduit Women’s Aid, une organisation de lutte contre les violences domestiques, à quitter la plateforme X. L’association justifie sa décision par l’augmentation des contenus haineux, misogynes et anti-LGBTI+ sur la plateforme, ainsi que par le scandale lié à la création de deepfakes et de matériel pédopornographique par Grok. Elle estime que la violence en ligne a des conséquences dévastatrices dans la vie réelle et qu’il n’est plus approprié d’utiliser une telle plateforme pour diffuser son message.

L’Organisation nationale irlandaise des enseignants (INTO) a également appelé à une « action immédiate » pour protéger les enfants et les femmes. Sa présidente, Anne Horan, a dénoncé le fait que X facilite désormais la diffusion de matériel sexuel illégal, notamment des images intimes non consensuelles et de la pédopornographie. Elle a critiqué le manque de réaction des législateurs face à cette situation.

CyberSafeKids a annoncé qu’elle ne serait plus présente sur X à compter de ce jour, et a souligné que la loi actuelle sur l’IA ne protège pas suffisamment les enfants face aux risques liés à ces technologies. Elle a également critiqué le fait que les chatbots génératifs d’IA ne soient pas considérés comme « à haut risque » pour les enfants.

En outre, CyberSafeKids a rappelé que cette situation constitue une violation claire de la loi de 1998 sur le trafic d’enfants et la pornographie, ainsi que de la loi de 2020 sur le harcèlement.

Les organisations concernées exhortent toute personne exposée à de telles images à les signaler aux autorités compétentes.

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