Publié le 8 janvier 2026 à 23h32. Une controverse éclate après les déclarations du président roumain Nicușor Dan concernant l’escorte de son avion par des chasseurs suisses, l’armée suisse contestant l’interprétation donnée par le chef d’État.
- Le président roumain affirme que l’escorte de son avion par des F-18 suisses était un geste de remerciement pour l’aide apportée à la Suisse après la tragédie de Crans-Montana.
- L’armée suisse a déclaré qu’il s’agissait d’une mission de routine visant à vérifier les informations de vol.
- Nicusor Dan dénonce une désinformation de la part de certains médias roumains et estime qu’il s’agit d’une attaque contre la crédibilité de la Roumanie.
La polémique a débuté après le retour du président Nicușor Dan de Paris, où il s’était rendu pour une réunion de la « Coalition de la Volonté » en soutien à l’Ukraine. Le chef d’État avait initialement déclaré que son avion C-27J Spartan avait été escorté par deux avions de chasse F-18 suisses au-dessus de l’espace aérien helvétique, interprétant cet accompagnement comme un « geste d’appréciation » pour l’aide roumaine suite à l’incendie survenu à Crans-Montana.
La Roumanie avait effectivement apporté son soutien à la Suisse en transportant, par un avion militaire, six jeunes victimes gravement brûlées de l’incendie de Crans-Montana vers Paris pour y recevoir des soins spécialisés. Cet acheminement avait été salué comme une preuve de solidarité entre les deux pays.
Cependant, le journaliste Patrick André de Hillerin a rapporté que le ministère suisse de la Défense lui avait affirmé que l’interception de l’avion du président Dan relevait d’une procédure standard. Selon le ministère, les forces aériennes suisses effectuent environ 200 « missions réelles » par an, qui consistent en des contrôles aléatoires pour vérifier la concordance entre les informations fournies dans les demandes d’autorisation de survol et les caractéristiques réelles de l’appareil (type, immatriculation, itinéraire, etc.). Après une brève vérification, la patrouille de chasse reprend son vol.
Suite à ces informations, des sources officielles ont confirmé à Nouvelles chaudes que le pilote de l’avion présidentiel avait été informé que l’escorte des F-18 était un signe d’appréciation.
Le président Nicușor Dan a publié dans la nuit de jeudi à vendredi un enregistrement de la conversation entre le pilote roumain de l’avion Spartan et le contrôle aérien de Zurich, dans lequel la décision d’escorter l’appareil roumain est communiquée.
« Vol 107 (…) 107 de l’Armée de l’Air roumaine, pour votre information, vous serez intercepté ultérieurement par l’Armée de l’Air suisse pour vous remercier de vos efforts à (la situation à) Crans-Montana »,
Communication de la tour de contrôle suisse à l’équipage du Spartan
Dans un message publié sur sa page Facebook, le président a également exprimé son indignation face à ce qu’il considère comme une désinformation de la part de certains médias roumains.
« J’ai toujours respecté et je continuerai de respecter le journalisme honnête, même lorsqu’il me critique. Mais accuser le président de la Roumanie de mentir au sujet d’un geste symbolique de respect envers un autre État représente une attaque contre l’image et la crédibilité de notre pays. »
Nicusor Dan, Président de la Roumanie
Le voyage du président Dan à Paris avait été marqué par un retard de plus de 24 heures en raison des mauvaises conditions météorologiques. Il avait également souligné les limitations technologiques de l’avion Spartan, affirmant qu’il se sentait « déconnecté de la réalité roumaine » lorsqu’il voyageait à bord. Il a cependant réaffirmé que la Roumanie ne peut pas se permettre, pour l’instant, d’acquérir un avion présidentiel dédié.
HotNews a sollicité des précisions supplémentaires auprès du ministère suisse de la Défense concernant cette situation et publiera une réponse dès qu’elle sera disponible.