Le site de l’ancien parc Mirapolis à Courdimanche, dans le Val-d’Oise, pourrait faire l’objet d’une reconversion majeure.
Un projet soutenu par l’Élysée
Selon des informations rapportées par Politico et confirmées par une source proche du dossier, le projet serait très bien avancé
. Depuis le mois d’avril, plusieurs réunions ont été organisées impliquant l’Élysée, la région Île-de-France, les communes concernées, ainsi que des agences d’attractivité française et francilienne. Politico affirme également que plusieurs ministres auraient participé à ces échanges.
Bien qu’aucune annonce officielle n’ait été formulée, l’enjeu financier est considérable. Le montant exact de l’investissement demeure inconnu, mais Politico estime qu’il pourrait dépasser le milliard d’euros. La région Île-de-France a indiqué au Parisien que ce projet représenterait une opportunité pour le Val-d’Oise, un territoire qui manque d’investissements étrangers.
Le retour sur le site de Mirapolis
Le terrain envisagé, situé à Courdimanche dans l’agglomération de Cergy-Pontoise, s’étend sur plusieurs dizaines d’hectares. Il accueillait autrefois Mirapolis, l’un des premiers parcs à thème de France, ouvert en 1987 et centré sur les contes et légendes français. Le parc, dont l’emblème était une statue de Gargantua haute de 35 mètres, avait fermé ses portes en 1991 après quatre ans d’activité. Alors que plus de deux millions de visiteurs étaient attendus lors de sa première année, il n’en avait attiré que 800 000.
Aujourd’hui, seuls quelques vestiges subsistent, notamment un bloc de béton à l’entrée et un chapiteau orange délavé. Le choix de Dragon Ball s’expliquerait par la stratégie de Qiddiya Investment, qui construit déjà un parc dédié à l’œuvre d’Akira Toriyama en Arabie saoudite.
Controverses et enjeux sociaux
L’annonce potentielle du projet soulève des inquiétudes sociales et politiques. Le terrain est occupé depuis plus de neuf ans par une centaine de foyers de gens du voyage. Alfred Duvaux et son frère Gilles ont exprimé leur ignorance du projet, ce dernier demandant des solutions de relogement en cas de départ imposé. Environ vingt enfants de cette communauté sont scolarisés dans les communes voisines.

Sur le plan politique, des voix s’élèvent pour critiquer la méthode employée. Maryeme Bouslam, conseillère municipale d’opposition à Courdimanche, déplore un projet venant de l’Élysée sans la concertation préalable des habitants
et suggère plutôt la création d’un pôle universitaire, de recherche ou culturel. De même, le député LFI Aurélien Taché a sollicité du préfet de région une réelle concertation avec les élus et les associations.
Débats sur l’identité et l’infrastructure
Le projet suscite également un débat culturel. Nicolas de Villiers, président du Puy du Fou, a exprimé ses regrets via RMC, déplorant que le projet ne soit pas français. Il estime que l’Arabie saoudite utilise les loisirs pour exercer une influence culturelle et regrette l’abandon de l’histoire de France au profit d’un imaginaire étranger.

Par ailleurs, des questions logistiques sont soulevées. Un observateur du groupe communiste au conseil régional a insisté sur la nécessité d’une amélioration sensible de la desserte du site
, rappelant que la mauvaise accessibilité avait contribué aux difficultés économiques de Mirapolis. Si le groupe reconnaît l’opportunité en termes d’emplois, il exige des garanties concernant la protection de l’environnement et la concertation.