Home MondeL’UE cherche une réponse commune aux menaces de Trump contre le Groenland

L’UE cherche une réponse commune aux menaces de Trump contre le Groenland

by Clara Dubois

Publié le 9 janvier 2026 à 06h00. Londres s’éloigne d’un alignement plus étroit avec l’Union européenne, excluant la City de ses ambitions, tandis que l’UE se prépare à répondre aux provocations de Donald Trump concernant le Groenland.

  • Le gouvernement britannique a décidé de ne pas inclure la City de Londres dans ses négociations pour un rapprochement avec l’UE, une décision favorable aux institutions financières qui s’opposent à la réintroduction des réglementations européennes.
  • Les ambassadeurs de l’UE débattent d’une réponse aux tentatives de Donald Trump d’acquérir le Groenland, une situation qui inquiète les diplomates européens.
  • L’Union européenne examine une possible suspension de sa taxe carbone aux frontières sur les engrais en raison de la flambée des prix, suscitant des critiques sur l’incertitude que cela pourrait engendrer.

Le gouvernement britannique a clairement indiqué qu’il ne chercherait pas un alignement plus étroit avec l’Union européenne en ce qui concerne la réglementation financière. Cette décision intervient après des pressions exercées par les géants de la finance londonienne, qui craignent un retour aux normes de Bruxelles. L’exclusion de la City de Londres de tout accord potentiel marque une rupture significative avec les espoirs d’un compromis post-Brexit plus large.

Parallèlement, l’Union européenne se prépare à aborder une question géopolitique délicate : les ambitions de Donald Trump concernant le Groenland. Depuis 2019, l’ancien président américain a exprimé son intérêt pour l’acquisition de cette vaste île arctique, qui fait partie du royaume du Danemark, un allié des États-Unis au sein de l’OTAN. La Maison Blanche a même suggéré cette semaine que l’usage de la force militaire restait une option.

Le Danemark et le Groenland travaillent activement à une désescalade de la crise, et leurs ministres des Affaires étrangères doivent rencontrer prochainement le secrétaire d’État américain. Plusieurs États membres de l’UE ont déjà exprimé leur soutien à Copenhague et condamné les menaces de Trump, mais une déclaration commune de l’UE se fait attendre. La Hongrie, notamment, s’oppose à toute critique publique à l’égard de Trump, rappelant son opposition à une déclaration commune concernant l’intervention américaine au Venezuela en 2019 .

Le président français Emmanuel Macron a adopté une position ferme, estimant que les États-Unis « s’éloignent progressivement de certains de ses alliés et s’affranchissent des règles internationales ». Il a souligné l’inquiétude grandissante face à la situation au Groenland, affirmant que « chaque jour, les gens se demandent si le Groenland sera envahi ». Kaja Kallas, chef de la diplomatie européenne, a également exprimé sa préoccupation, se demandant quelle serait la réponse de l’UE en cas de menace réelle.

Sur le front économique, l’Union européenne est confrontée à une autre source de tension : la mise en œuvre de son mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACB), entré en vigueur le 1er janvier. Le plus grand fabricant d’engrais d’Europe a critiqué la décision de Bruxelles d’autoriser une suspension de la taxe carbone aux frontières si les prix deviennent trop élevés, craignant une « confusion massive ». Les prix des engrais ont augmenté de 60 % depuis 2020, et les agriculteurs s’inquiètent de l’impact de cette taxe sur leurs coûts. La Commission européenne a déclaré qu’elle pourrait suspendre le prélèvement sur les engrais « en cas de circonstances imprévues », mais cette décision suscite des inquiétudes quant à l’incertitude qu’elle pourrait engendrer.

Les actions de la plus grande banque du Groenland, Grønlandsbanken, ont sauté, suggérant que certains investisseurs parient sur un possible boom économique lié à l’intérêt américain pour l’île.

Ce qu’il faut surveiller aujourd’hui : La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil de l’UE, António Costa, voyagent en Syrie et au Liban.

À lire également :

Newsletters recommandées pour vous

Déjeuner libre — Votre guide du débat sur la politique économique mondiale. S’inscrire ici

Le changement de l’IA — John Burn-Murdoch et Sarah O’Connor expliquent comment l’IA transforme le monde du travail. S’inscrire ici

Vous appréciez Europe Express ? Inscrivez-vous ici pour le recevoir directement dans votre boîte de réception tous les jours ouvrables à 7h00 CET et le samedi à midi CET. Dites-nous ce que vous pensez, nous aimons avoir de vos nouvelles : [email protected]. Tenez-vous au courant des dernières actualités européennes @FTEurope

You may also like

Leave a Comment