Publié le 9 janvier 2026 à 23:13. La crise des médecins de famille dans l’Outaouais connaît un revirement inattendu : près de la moitié des praticiens ayant annoncé leur départ reconsidèrent leur décision, après l’entente de principe sur la loi 2. La situation reste toutefois fragile et le recrutement de nouveaux médecins demeure une priorité.
- Près d’un médecin de famille sur deux a revu sa décision de quitter l’Outaouais.
- Au total, 23 départs potentiels subsistent, mais certains pourraient encore être évités.
- Le recrutement de nouveaux médecins est essentiel pour pallier les départs à la retraite et la pénurie générale.
Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) constate un changement significatif dans les intentions de départ des médecins de famille. Initialement, 41 départs avaient été annoncés en décembre, avant la conclusion d’une entente de principe avec Québec concernant la loi 2. Cette loi, qui visait à instaurer des cibles de performance pour les médecins, avait suscité une forte opposition et entraîné une vague d’annonces de départs.
Après des rencontres individuelles avec la direction du CISSSO, la situation s’est précisée. Selon l’organisation, 18 médecins ont finalement décidé de rester en Outaouais, tandis que 11 maintiennent leur départ. Douze médecins sont toujours en réflexion, et une mise à jour complète de leur décision est attendue dans les prochaines semaines.
«À la suite de nos démarches, la situation s’est précisée : 18 médecins ont finalement décidé de demeurer en Outaouais, 11 médecins ont confirmé qu’ils maintiennent leur départ et 12 médecins sont toujours en réflexion. Nous aurons une mise à jour complète de leur décision d’ici quelques semaines.»
CISSS de l’Outaouais
Le CISSSO précise qu’il y a donc actuellement 23 départs potentiels, dont certains pourraient encore évoluer. L’organisation reconnaît que certains départs étaient inévitables, pour des raisons diverses. Cependant, elle souligne avoir activement travaillé à créer un environnement favorable au maintien des médecins dans la région.
Le mois dernier, le président-directeur général du CISSSO, le Dr Marc Bilodeau, avait exprimé son espoir de voir certains médecins reconsidérer leur décision. Il avait alors souligné l’importance de « capitaliser » sur les médecins indécis.
« Si certains de ceux qui quittaient changent d’idée, on va les accueillir à bras ouverts, bien évidemment. C’est sûr qu’on va faciliter le retour s’ils le veulent. J’espère qu’on va réussir à en convaincre de revenir », avait-il déclaré.
Le Dr Guillaume Charbonneau, président de l’Association des médecins omnipraticiens de l’ouest du Québec, a souligné dans une entrevue cette semaine qu’il faudra des mois, voire des années, pour reconstruire une dynamique positive, les « plaies étant encore vives ». Il insiste sur le fait que le recrutement de nouveaux médecins sera la clé pour faire face à la pénurie actuelle et au nombre croissant de départs à la retraite.