Publié le 9 janvier 2026. Grand Ciel, un thriller social et de science-fiction porté par Damien Bonnard, explore les conditions de travail précaires et l’aliénation dans un futur proche, et sortira en salles le 26 février.
- Le film, réalisé par Akihiro Hata, a été présenté en compétition dans la section Horizons du dernier Festival de Venise.
- L’intrigue suit Vincent, un ouvrier du bâtiment, confronté à la disparition mystérieuse de ses collègues sur un chantier futuriste.
- Le réalisateur s’est inspiré de l’histoire tragique d’un intérimaire sans papiers décédé en 2015 et dont la disparition est passée inaperçue.
Grand Ciel, fruit d’une coproduction franco-luxembourgeoise, plonge le spectateur dans un univers où le travail acharné se déroule dans des décors futuristes, mais où l’humain semble perdre de sa substance. Le film, distribué par No.Mad Entertainment, interroge les mécanismes de l’exploitation et de l’invisibilité sociale.
L’histoire se concentre sur Vincent, interprété par Damien Bonnard, connu pour son rôle principal dans Les Misérables, film nominé pour l’Oscar du meilleur film international. Alors qu’il travaille de nuit sur un chantier, la disparition soudaine d’un collègue le plonge dans le doute. L’inquiétude grandit lorsqu’un second ouvrier disparaît à son tour, soulevant des questions troublantes sur les pratiques de leurs supérieurs.
Au casting, on retrouve également Samir Guesmi (Ibrahim, L’effet aquatique, Frère), Mouna Soualem (Tu mérites l’amour, Présence, Tu me ressembles) et Tudor-Aaron Istodor (Fixeur, Mlle Christine). Le film est produit par Films de bonne fortune et Les Films Fauves, et le scénario est le fruit d’une collaboration entre Akihiro Hata et Jérémie Dubois.
L’œuvre s’inscrit dans une démarche cinématographique qui vise à rendre visible ce qui est habituellement ignoré. Akihiro Hata explique son inspiration :
« L’inspiration du film est venue principalement d’un reportage. En 2015, un intérimaire sans papiers est mort au travail et a été oublié, disparaissant dans une zone grise juridique. Personne n’avait remarqué son absence, alors qu’il travaillait sur le chantier depuis plusieurs semaines. Comme si de rien n’était, comme si Mamadou Traoré n’avait jamais existé. Sans le travail d’enquête mené par la CGT (Confédération générale du travail, le plus important syndicat de France) comme le raconte l’article, Mamadou Traoré, décédé en tant que travailleur sans papiers, a disparu sans laisser de trace. Cette idée est devenue une allégorie. Dans le film, les disparitions représentent l’aliénation, l’effacement de soi dû à la pression et à la compétition au travail et l’invisibilité des travailleurs les plus précaires. Pour moi, le cinéma a le pouvoir de rendre visible l’invisible : de montrer ce qui ne se montre pas ou ce qu’on ne veut pas voir. Les disparitions de ce film incarnent le cynisme et l’horreur du monde d’aujourd’hui. »
Akihiro Hata, réalisateur
Grand Ciel se veut ainsi une réflexion sur les conditions de travail, l’exploitation, l’aliénation et la déshumanisation, des thèmes d’une brûlante actualité. Le film sortira en salles le 26 février.
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