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Des ovules humains « rajeunis » grâce à une avancée qui pourrait augmenter les taux de réussite de la FIV | Recherche médicale

Publié le 10 janvier 2026 16:59:00. Des scientifiques ont annoncé avoir réussi à « rajeunir » des ovules humains en laboratoire, une avancée potentielle qui pourrait améliorer significativement les taux de réussite de la fécondation in vitro (FIV)…

Des ovules humains « rajeunis » grâce à une avancée qui pourrait augmenter les taux de réussite de la FIV | Recherche médicale

Publié le 10 janvier 2026 16:59:00. Des scientifiques ont annoncé avoir réussi à « rajeunir » des ovules humains en laboratoire, une avancée potentielle qui pourrait améliorer significativement les taux de réussite de la fécondation in vitro (FIV) chez les femmes d’âge mûr.

  • Une équipe de chercheurs a inversé un défaut lié à l’âge causant des erreurs génétiques dans les ovules en les complétant avec une protéine essentielle.
  • Les ovules traités étaient près de deux fois moins susceptibles de présenter des anomalies chromosomiques.
  • Cette technique pourrait réduire de près de moitié le nombre d’ovules présentant des anomalies, améliorant ainsi les chances de succès de la FIV et réduisant le risque de fausses couches.

Une percée scientifique majeure vient d’être annoncée par des chercheurs de l’Institut Max Planck pour les sciences multidisciplinaires de Göttingen, en Allemagne, et de l’entreprise Ovo Labs. Leur travail, présenté à la Conférence britannique sur la fertilité à Édimbourg ce vendredi et prépublié sur le site Biorxiv, suggère qu’il est possible d’atténuer les effets du vieillissement sur la qualité des ovules, un facteur crucial dans le succès de la procréation médicalement assistée.

La diminution de la qualité des ovules est l’une des principales raisons pour lesquelles les traitements de FIV sont moins efficaces avec l’âge. Selon les chiffres britanniques les plus récents, le taux de natalité moyen par embryon transféré est de 35 % pour les femmes de moins de 35 ans, contre seulement 5 % pour celles âgées de 43 à 44 ans (chiffres de la HFEA). L’âge moyen des patientes débutant un traitement de fertilité au Royaume-Uni dépasse désormais les 35 ans.

L’approche développée par les chercheurs cible un processus biologique appelé méiose, essentiel à la formation des cellules sexuelles. Lors de la méiose, les cellules doivent séparer la moitié de leur matériel génétique pour pouvoir fusionner lors de la fécondation. Dans les ovules plus âgés, les paires de chromosomes ont tendance à se désorganiser avant la fécondation, ce qui peut entraîner des embryons avec un nombre incorrect de chromosomes.

Les chercheurs ont découvert qu’une protéine, la Shugoshin 1, qui agit comme un « ciment » pour maintenir les paires de chromosomes ensemble, diminue avec l’âge. En microinjectant cette protéine dans les ovules de patientes, ils ont constaté une réduction significative du nombre d’ovules présentant des anomalies chromosomiques.

« Dans l’ensemble, nous pouvons réduire de près de moitié le nombre d’œufs avec [abnormal] chromosomes. C’est une amélioration très importante. »

Pr Melina Schuh, directrice de l’Institut Max Planck pour les sciences multidisciplinaires de Göttingen et co-fondatrice d’Ovo Labs

Les résultats préliminaires, obtenus à partir d’ovules donnés par des patientes de la clinique Bourn Hall à Cambridge, montrent une diminution de 53 % du nombre d’ovules présentant le défaut dans les ovules traités, par rapport à 29 % dans les ovules témoins. Bien que les résultats soient prometteurs, les scientifiques soulignent la nécessité de mener des essais cliniques plus approfondis pour confirmer l’efficacité et la sécurité de cette technique.

La Dr Agata Zielinska, co-fondatrice et co-PDG d’Ovo Labs, explique que cette approche pourrait permettre à davantage de femmes de concevoir lors d’un seul cycle de FIV.

« Actuellement, lorsqu’il s’agit d’infertilité féminine, la seule solution disponible pour la plupart des patientes est d’essayer la FIV plusieurs fois afin que, cumulativement, vos chances de succès augmentent. Ce que nous envisageons, c’est que beaucoup plus de femmes seraient capables de concevoir au cours d’un seul cycle de FIV. »

Dr Agata Zielinska, co-fondatrice et co-PDG d’Ovo Labs

Il est important de noter que cette technique ne permettrait pas de prolonger la fertilité au-delà de la ménopause, lorsque la réserve d’ovules est épuisée. L’équipe d’Ovo Labs est actuellement en discussion avec les autorités réglementaires pour obtenir l’autorisation de mener un essai clinique.

Le Dr Güneş Taylor, de l’Université d’Édimbourg, qui n’a pas participé à la recherche, a salué ces résultats comme « vraiment prometteurs ».

« C’est un travail vraiment important car nous avons besoin d’approches qui fonctionnent pour les ovules plus âgés, car c’est à ce moment-là que la plupart des femmes apparaissent. S’il existe une injection unique qui augmente considérablement le nombre d’ovules dotés de chromosomes correctement organisés, cela vous donne un meilleur point de départ. »

Dr Güneş Taylor, Université d’Édimbourg

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.