Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a officiellement pris la tête de la SADC lors du 46e sommet tenu à Durban, exhortant les États membres à accélérer l’intégration régionale, à transformer leurs ressources en industries locales et à cesser d’exporter des minéraux bruts sans valeur ajoutée.
Cyril Ramaphosa prend la présidence de la SADC à Durban
L’Afrique du Sud assume désormais la présidence de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) pour un mandat d’un an, succédant au président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa. La passation de pouvoir s’est officialisée lors du 46e sommet de l’organisation, qui a rassemblé seize chefs d’État et de gouvernement, ainsi que de nombreux ministres et délégués au Centre international de conventions de Durban du 3 au 17 août selon les informations publiées par The Citizen.
En acceptant cette responsabilité, IOL rapporte que Ramaphosa a souligné l’importance de guider les efforts nationaux vers la réalisation de la vision régionale à l’horizon 2050. Le dirigeant a insisté sur la nécessité de placer la jeunesse, les femmes et les entrepreneurs au cœur de la transformation économique de l’Afrique australe.
Le défi de la transformation industrielle et des minéraux critiques
Au-delà de la diplomatie protocolaire, le sommet s’est ouvert sur un constat sévère concernant le rythme de l’intégration économique. Les échanges commerciaux intra-régionaux ne représentent encore qu’environ un cinquième du total des transactions de la SADC, un chiffre jugé insuffisant par les dirigeants.
Le secrétaire exécutif de la SADC, Elias Magosi, a vivement critiqué l’exportation continue des richesses minières sous une forme brute, privant les populations locales d’emplois durables, tout en déclarant que le véritable défi réside dans le moment où il conviendra d’arrêter de les exporter sous forme brute pour commencer à leur apporter de la valeur ajoutée tout en créant des emplois durables et de la richesse, et en rappelant en outre qu’il n’est nul besoin de demander la permission à quiconque pour entamer ce processus et qu’il fallait commencer dès à présent.
Cette injonction s’adresse directement à des pays qui regorgent de réserves stratégiques, qu’il s’agisse de métaux du groupe du platine, de lithium, de cobalt, de graphite, de manganèse, de terres rares ou de cuivre. L’analyse détaillée publiée par IOL rappelle que la région continue d’importer des produits qu’elle a pourtant la capacité de fabriquer elle-même, tout en se défaisant de matières premières qui mériteraient d’être transformées localement.
Sécurité régionale et crises en République démocratique du Congo
La stabilité politique et sécuritaire de l’Afrique australe est restée au cœur des discussions menées par la Troïka de l’organe de la SADC chargé de la politique, de la défense et de la sécurité. La situation dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) a mobilisé l’attention des participants, aux côtés des dossiers concernant Madagascar et le Mozambique.

Face à ces tensions persistantes, le secrétariat de l’organisation a réitéré son appui indéfectible aux autorités de Kinshasa et aux initiatives de paix menées à l’échelle du continent.
Transformer les résolutions en chantiers concrets
Le sommet s’est achevé sur une exigence de résultats opérationnels. Les dirigeants ont souligné que les textes adoptés lors de ces réunions doivent impérativement se traduire par des réalisations visibles pour les citoyens de la région, en s’appuyant notamment sur la Zone de libre-échange continentale africaine.
De son côté, le maire de la municipalité d’eThekwini, Cyril Xaba, a salué les retombées économiques locales de cet événement d’envergure, estimant que la ville a consolidé sa position de carrefour incontournable pour le tourisme, le commerce et les investissements sur le continent selon les précisions apportées par The Citizen.