Les marchés financiers affichent une prudence marquée en ce début d’année, oscillant entre des signaux contradictoires et une absence de conviction claire. L’incertitude géopolitique, notamment concernant le Groenland et le Venezuela, pèse sur les échanges, tandis que les cryptomonnaies subissent une nouvelle pression.
Les contrats à terme sur les indices américains ont légèrement reculé, mais sans provoquer de panique. Dans l’ensemble, les investisseurs semblent attendre un catalyseur plus fort avant de prendre des risques significatifs. Depuis fin novembre, les cours ont progressé, mais l’évolution est restée contenue, sans rupture décisive ni repli majeur.
La prochaine publication des résultats trimestriels pourrait apporter des éléments de réponse. L’attention se porte particulièrement sur les chiffres de l’emploi non agricole (NFPH) qui seront dévoilés vendredi. Les données publiées hier ont été mitigées, laissant les investisseurs incertains quant à la solidité du rapport officiel.
Les analystes prévoient la création d’environ 65 000 emplois nets en décembre, un chiffre similaire au rapport précédent. Les données de l’ADP, publiées hier, étaient conformes aux attentes (41 000 créations d’emplois), ce qui renforce l’idée que le rapport de vendredi ne justifiera probablement pas un nouvel assouplissement de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed). Cependant, le nombre d’offres d’emploi a fortement diminué, compensant en partie les résultats positifs de l’indice ISM des services.
Les offres d’emploi sont au plus bas depuis plus d’un an, et le rythme des embauches a ralenti, témoignant de la prudence des entreprises face à toute modification importante de leurs effectifs.
Par ailleurs, le secteur technologique, qui a porté le marché haussier ces derniers mois, montre des signes de faiblesse. Les valorisations restent élevées, et les investisseurs s’interrogent sur la pérennité des investissements massifs dans l’intelligence artificielle. L’action Apple a chuté pendant quatre jours consécutifs et peine à dépasser le seuil de 190 $ (environ 175 €) depuis avant Noël.
Sans le leadership du secteur technologique, les marchés pourraient avoir du mal à poursuivre leur progression, d’autant plus que le secteur de l’énergie est également sous pression en raison de la baisse des prix du pétrole. Un nouveau regain d’intérêt pour les valeurs technologiques serait donc nécessaire pour relancer un rallye et permettre à l’indice S&P 500 d’atteindre de nouveaux sommets.
Les rendements obligataires restent élevés malgré les récentes baisses, ce qui constitue un risque supplémentaire pour les marchés actions. Une nouvelle hausse des rendements des bons du Trésor américain pourrait peser sur les valeurs technologiques à forte croissance.
Sur le plan technique, l’indice S&P 500 a testé le niveau de 7 000 points avant de reculer, en raison de prises de bénéfices. Ce niveau correspond également à une extension de Fibonacci à 161,8 % de la dernière baisse majeure observée en février 2023, lorsque le marché a été affecté par les incertitudes liées aux tarifs douaniers de l’administration Trump.
Bien que la tendance générale soit à la hausse depuis avril 2023, le rythme des gains a considérablement ralenti ces derniers mois. L’absence de catalyseurs baissiers clairs a toutefois limité les pressions à la baisse, permettant des gains modestes et progressifs. Cette perte de dynamique pourrait signaler une correction à venir, mais aucun signal technique de retournement n’a encore été observé.
Les niveaux de support clés à surveiller se situent autour de 6 940 points, correspondant au plus haut de la bougie doji de vendredi, et à 6 900 points. Une cassure de ces niveaux pourrait entraîner une volatilité accrue. À la hausse, le seuil de 7 000 points reste une résistance importante. Le dépassement de ce niveau ouvrirait la voie à de nouvelles hausses.