Home Affaires« On veut être libre de pêcher où on veut, quand on veut »

« On veut être libre de pêcher où on veut, quand on veut »

by Amélie Bernard

Publié le 3 décembre 2025. Une nouvelle forme de pêche illégale, baptisée « gangsta fishing », séduit de plus en plus de jeunes Parisiens, qui s’aventurent dans des propriétés privées ou défient les réglementations en milieu urbain pour le plaisir de la pêche.

Antoine (le prénom a été modifié), âgé de 20 ans et habitant le 4e arrondissement de Paris, a une routine inhabituelle. Après le travail, il prend le RER A puis le RER E jusqu’à la gare de Gretz-Armainvilliers, en Seine-et-Marne. Vingt minutes de marche plus tard, il arrive devant un château du XIIe siècle, ancienne propriété du roi du Maroc, repéré sur Google Maps. Lui et un ami s’introduisent discrètement dans les jardins de la luxueuse demeure, non pas pour une visite, mais pour pêcher dans l’étang du domaine. « C’est un peu comme si on pêchait dans les jardins de Versailles », confie-t-il.

Antoine pratique le « gangsta fishing », une activité qui consiste à s’introduire illégalement dans des propriétés privées pour pêcher dans des plans d’eau à la campagne. Une variante urbaine consiste à attirer des poissons carnassiers en ville, en contournant parfois les règles : pêche nocturne ou dans des zones interdites au public. « On fait du gangsta fishing, mais nous ne sommes pas des gangsters. On ne se prend pas trop au sérieux. C’est un nom ironique », se défend Kirby, un pêcheur parisien de 44 ans qui a demandé à rester anonyme.

Cette pratique, bien que présentée comme un jeu, soulève des questions de propriété privée et de respect de la réglementation sur la pêche. Les motivations des adeptes semblent mêler le défi, l’adrénaline et la recherche de lieux de pêche atypiques, loin de l’agitation de la capitale.

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