Home SantéL’évolution complexe de la psychose nécessite d’optimiser les stratégies thérapeutiques à long terme, selon une étude

L’évolution complexe de la psychose nécessite d’optimiser les stratégies thérapeutiques à long terme, selon une étude

by Sophie Martin

Publié le 2024-02-29 10:32:00. Une étude de l’Université de Séville révèle que la psychose n’est pas une maladie uniforme, mais évolue différemment selon chaque individu, avec des altérations cérébrales spécifiques et une réponse variable aux traitements antipsychotiques.

  • Les personnes atteintes de psychose présentent dès le premier épisode une réduction du volume cortical, notamment dans les zones riches en récepteurs de sérotonine et de dopamine.
  • Le traitement antipsychotique peut atténuer la détérioration cérébrale, mais les patients nécessitant des doses plus élevées montrent des différences structurelles plus persistantes.
  • Une analyse basée sur les percentiles permet désormais d’identifier des volumes cérébraux atypiques, ouvrant la voie à une approche plus personnalisée de la maladie.

La psychose, un trouble mental complexe, ne suit pas un schéma unique d’évolution. C’est la conclusion d’une recherche menée par l’Université de Séville et publiée dans le British Journal of Psychiatry. L’étude souligne l’importance de prendre en compte les différences individuelles dans le développement cérébral, les symptômes, les capacités cognitives et la réponse aux traitements pour mieux comprendre cette maladie et optimiser les stratégies thérapeutiques à long terme.

Les chercheurs se sont concentrés sur l’analyse des altérations du cortex cérébral chez les personnes souffrant de psychose. Dès le premier épisode psychotique, les symptômes peuvent se manifester et évoluer de manière très variable, ce qui rend la schizophrénie particulièrement difficile à appréhender.

Des altérations cérébrales spécifiques dès le début de la maladie

Les résultats de l’étude indiquent qu’au moment du premier épisode, les patients présentent une réduction du volume cortical, particulièrement marquée dans les régions où se concentrent les récepteurs de sérotonine et de dopamine – des neurotransmetteurs clés impliqués à la fois dans la physiopathologie de la psychose et dans le mode d’action des antipsychotiques. L’étude suggère également que d’autres cellules cérébrales, impliquées dans les processus inflammatoires et immunologiques, pourraient jouer un rôle important dans le développement de la maladie.

L’étude a également observé que, pendant le traitement, les différences structurelles tendent à diminuer, ce qui suggère que l’intervention clinique peut freiner la détérioration cérébrale. Cependant, des différences plus marquées persistent chez les patients recevant des doses plus élevées d’antipsychotiques sur une longue période. Les chercheurs précisent que cela ne signifie pas nécessairement que le médicament est responsable d’une perte de volume, mais plutôt que les patients présentant des symptômes plus sévères nécessitent généralement des doses plus importantes.

Des fonctions cognitives affectées dès le départ

L’étude confirme que les patients présentent des altérations cognitives dès les premiers stades de la maladie. Au cours du suivi, de nombreuses personnes ont constaté une amélioration à la fois des symptômes et des fonctions cognitives, ce qui suggère que la stabilisation clinique peut s’accompagner d’une récupération partielle de ces fonctions. Toutefois, cette amélioration est moins prononcée chez ceux qui nécessitent des traitements à des doses plus élevées.

Dix ans de suivi

Dirigée par Claudio Alemán Morillo et Rafael Romero García au Laboratoire de Neuroimagerie et Réseaux Cérébraux de l’Université de Séville, l’étude a utilisé des images IRM pour calculer le volume de différentes régions du cortex cérébral chez 357 patients atteints de schizophrénie et 195 témoins.

L’un des aspects les plus innovants de ce travail est que les participants ont été suivis pendant dix ans, ce qui a permis d’analyser l’évolution du cerveau à long terme et de corréler ces changements avec les symptômes cliniques et les performances cognitives, notamment les difficultés d’attention, de mémoire ou de vitesse de traitement. De plus, l’étude applique pour la première fois une analyse basée sur les percentiles. Tout comme les percentiles sont utilisés en pédiatrie pour évaluer la croissance, ils peuvent désormais être utilisés pour détecter si certaines régions cérébrales présentent des volumes atypiques. En savoir plus sur l’étude.

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