L’ancien Premier ministre guinéen Sidya Touré sera inhumé le 9 octobre 2026 à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Décédé à Paris le 25 septembre à l’âge de 81 ans, le leader politique laisse derrière lui une carrière marquée par d’importantes réformes économiques et des décennies d’opposition aux différents régimes de son pays.
Le rapatriement de la dépouille à Abidjan et le programme des obsèques
Après l’arrivée du corps à l’aéroport international Félix-Houphouët-Boigny, une série de cérémonies officielles est programmée au domicile familial situé dans le quartier de Cocody.
En Côte d’Ivoire, les proches recevront les condoléances les 5, 6 et 7 octobre. Le dernier acte est fixé au vendredi 9 octobre, comprenant une levée de corps à la Grande Mosquée de la Riviera Golf suivie d’une prière, avant l’inhumation au cimetière de Williamsville.
La famille choisit l’inhumation en Côte d’Ivoire face au pouvoir guinéen
Bien que les autorités guinéennes aient exprimé le souhait de voir l’ancien Premier ministre reposer dans son pays natal, sa famille a opté pour la Côte d’Ivoire, où il vivait en exil depuis près de cinq ans et où il avait bâti l’essentiel de sa carrière administrative.
Un cadre de l’Union des forces républicaines (UFR), le parti que dirigeait le défunt avant sa dissolution en mars dernier, a qualifié des funérailles en Guinée de inconcevable
en raison des humiliations
subies de la part du pouvoir, citant notamment la confiscation de sa résidence. En exil à Abidjan depuis février 2022 après avoir été contraint de quitter sa maison de Conakry, l’opposant n’était plus retourné en Guinée. Il conservait des relations étroites avec le président ivoirien Alassane Ouattara, dont il fut le directeur de cabinet dans les années 1990 lorsque celui-ci occupait la fonction de Premier ministre sous Félix Houphouët-Boigny.
La classe politique salue la mémoire de l’ancien Premier ministre
Depuis l’annonce de sa disparition, les hommages affluent au sein de la classe politique guinéenne. Cellou Dalein Diallo, président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), a exprimé son immense tristesse
en saluant un homme d’Etat au parcours exceptionnel, un technocrate compétent et rigoureux
.
Nommé Premier ministre en 1996 par le général Lansana Conté pour redresser une économie alors chancelante, Sidya Touré avait renoué le dialogue avec les institutions de Bretton Woods. Après son départ de la Primature en 1999, il s’était tourné vers l’opposition en fondant l’UFR en 2000, s’imposant durablement comme la troisième force politique du pays lors du scrutin présidentiel de 2010.
L’opposition réaffirme son combat malgré les tensions politiques
La disparition de cette figure de l’opposition survient alors qu’une forte restriction des libertés publiques est observée depuis le coup d’État militaire de septembre 2021 mené par le général Mamady Doumbouya, selon les analyses relayées par Koaci. Malgré un climat que ses pairs qualifient de répressif, les figures de l’opposition affirment leur détermination à poursuivre le combat pour un retour à l’ordre constitutionnel et le respect des droits fondamentaux.

Sidya Touré s’était imposé comme la troisième force politique du pays lors du scrutin présidentiel de 2010.