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parasites pouvant atteindre l’assiette (et comment les éviter)

by Sophie Martin

Publié le 11 janvier 2026 à 23h13. Au-delà de l’anisakis, souvent associé à la consommation de poisson cru, de nombreux autres parasites peuvent contaminer nos aliments, de la viande aux légumes. Une bonne préparation et des habitudes d’hygiène simples permettent de minimiser considérablement ces risques.

  • L’anisakis est fréquemment retrouvé dans les poissons comme le merlu et le calmar, avec une présence détectée dans 100 % des merlus européens analysés dans un port espagnol.
  • La trichinellose, due au parasite Trichinella spirale, se contracte par la consommation de viande de porc ou de gibier insuffisamment cuite.
  • Les ténias, présents dans le porc et le bœuf, nécessitent une cuisson adéquate pour éviter la contamination, avec un risque de cisticercose en cas d’ingestion d’œufs.
  • Le toxoplasme, un parasite très répandu, peut être contracté par la consommation de viande crue ou mal lavée, et représente un danger particulier pour les femmes enceintes.

L’anisakis est devenu le parasite alimentaire le plus connu, en raison des risques liés à la consommation de poisson cru. Cependant, il n’est pas le seul à pouvoir se retrouver dans nos assiettes. D’autres espèces peuvent être transmises par des aliments courants tels que le poisson, la viande et les légumes. Le danger dépend avant tout de la manière dont ces aliments sont préparés et consommés. Une information claire et l’adoption de bonnes pratiques peuvent presque éliminer ces risques.

L’Anisakis est un genre de vers marins parasites qui peuvent infester les poissons et les céphalopodes, comme le merlu, le merlan bleu et le calmar. Sa présence n’est pas systématique, mais sa détection est de plus en plus fréquente grâce à une surveillance accrue. Une récente étude du centre scientifique et technologique AZTI, spécialisé dans le milieu marin et l’alimentation, a révélé la présence d’Anisakis dans 100 % des merlus européens analysés (sur un échantillon de 223 individus prélevés dans le port de Burela, en Espagne, entre 2019 et 2021). Le parasite a également été détecté dans 20 % des anchois.

Anisakis détecté dans un hareng.

Anisakis détecté dans un hareng.
Wikimédia Commons, CC PAR

Le risque lié à l’anisakis se manifeste lors de la consommation de poisson cru ou insuffisamment cuit, comme les sushis, les ceviches et les anchois marinés. Si le parasite est encore vivant, il peut provoquer une anisakíase, une infection digestive caractérisée par des douleurs abdominales, des nausées et des vomissements. Des réactions allergiques, de légères à intenses, peuvent également survenir.

Bien que les cas soient rares, la prévention est essentielle : la cuisson ou la congélation du poisson avant consommation sont des mesures efficaces. À domicile, une congélation à -20 °C pendant au moins cinq jours suffit. Les bars et restaurants sont tenus par la loi ( Décret royal 1420/2006) de respecter cette obligation.

Le parasite Trichinella spirale est responsable de la trichinellose. Il peut être présent dans la viande de porc et, plus particulièrement, dans le gibier comme le sanglier. La viande peut sembler normale à l’œil nu, d’où la nécessité d’une analyse sanitaire. L’infection se manifeste après la consommation de viande crue ou insuffisamment cuite, provoquant initialement des troubles digestifs, puis de la fièvre, des douleurs musculaires et de la fatigue. Dans les cas graves, le cœur et le système nerveux peuvent être affectés.

Plusieurs spécimens de _Trichinella spiralis_, vus au microscope.

Plusieurs exemplaires de Trichinella spiralis vu au microscope.
olgaru79/Shutterstock

La prévention est simple : une cuisson complète de la viande élimine le parasite. Il est également important d’éviter les produits sans contrôle vétérinaire, comme les saucisses artisanales et le gibier non testé. Grâce à ces mesures, la trichinellose est aujourd’hui rare en Europe.

Les ténias (Tænia spp.) sont des parasites plats qui peuvent infecter l’homme par le biais du porc et du bœuf. Les espèces les plus courantes sont la Tænia saginata (liée au bœuf) et le Tænia solium (associé au porc). La contamination se produit par la consommation de viande insuffisamment cuite, les formes larvaires (cysticerques) pouvant survivre si la température interne de l’aliment n’atteint pas le seuil nécessaire à leur destruction. Une fois ingérés, ils se développent dans l’intestin et peuvent rester asymptomatiques pendant des semaines.

Les symptômes sont généralement bénins, se limitant à un inconfort digestif, une perte d’appétit et une perte de poids. Cependant, dans le cas du Tænia solium, un risque supplémentaire existe : si les œufs du parasite sont ingérés accidentellement, ils peuvent provoquer une cisticercose, une infection où les larves se logent dans les tissus, comme les muscles ou, dans les cas graves, le cerveau.

Une cuisson adéquate du porc et du bœuf élimine le parasite. Il est également conseillé d’éviter les produits issus d’animaux sans contrôle vétérinaire et de respecter les règles d’hygiène lors de la manipulation des aliments. Dans les pays où les contrôles sanitaires sont rigoureux, la téniasis est de moins en moins fréquente. Il reste néanmoins important de connaître et d’appliquer les mesures de base en matière de sécurité alimentaire.

Toxoplasma gondii est l’un des parasites les plus répandus au monde. On estime qu’une personne sur trois a déjà été exposée. Il peut être présent dans la viande crue ou insuffisamment cuite, ainsi que dans les fruits ou légumes contaminés qui n’ont pas été correctement lavés. Chez la plupart des individus, l’infection passe inaperçue, mais elle peut être grave pour les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées, pouvant entraîner des problèmes de développement neurologique et visuel du fœtus.

Les mesures de prévention sont simples : cuire la viande à plus de 70 °C pendant au moins deux minutes, laver soigneusement les fruits et légumes et nettoyer les ustensiles après avoir manipulé des aliments crus. Les femmes enceintes doivent également éviter tout contact avec les excréments de chat, autre source possible d’infection.

La présence de parasites dans les aliments ne doit pas susciter l’inquiétude. Les contrôles sanitaires actuels limitent au maximum le risque d’infection. Dans la plupart des cas, la contamination est due à de mauvaises pratiques domestiques : cuisson insuffisante, mauvaise conservation des aliments ou négligence en matière d’hygiène. Une cuisson adéquate, une réfrigération appropriée et une bonne hygiène sont des habitudes simples qui font la différence.

Se protéger ne signifie pas renoncer au plaisir de manger. Il suffit de connaître les risques et d’agir avec raison. Une population informée prend des décisions plus sûres. Comprendre comment prévenir ces infections nous permet de déguster sushis, jambon et ceviches sans crainte, mais en toute connaissance de cause.

Bien manger est aussi une façon de prendre soin de sa santé. Et, en définitive, une bonne alimentation relève également de la science.

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